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LA MISSION DIVINE DE LA FRANCE

LA MISSION DIVINE DE LA FRANCE

Marquis de La Franquerie

« Chaque Nation, comme chaque individu, a reçu une mission qu’elle doit accomplir »

a dit Joseph de Maistre. Celle de la France est d’exécuter les gestes de Dieu, « Gesta Dei per Francos ».

 

Et le grand Philosophe d’ajouter :

« Le châtiment des Français sort de toutes les règles ordinaires et la protection accordée à la France en sort aussi ; mais ces deux prodiges réunis se multiplient l’un par l’autre, et présentent un des spectacles les plus étonnants que l’œil humain ait jamais contemplés ». (1)

 

Strabon, le grand Géographe de l’Antiquité, semble l’avoir pressenti quand il écrit de la Gaule :

« Personne ne pourrait douter, en contemplant cette œuvre de la Providence, qu’Elle n’ait disposé ainsi ce Pays avec intention et non au hasard ».

 

En effet, Dieu a toujours préparé Ses voies. De toute éternité, dans Sa prescience des événements, Il avait jeté Son dévolu sur notre pays et choisi notre peuple pour succéder au peuple Juif et remplir, pendant l’ère chrétienne, la mission divine qui avait été assignée à ce dernier sous l’Ancien Testament.

Cette mission a été et demeure la plus glorieuse, assurément, de toutes celles qu’Il a jamais confiées à une nation. Aussi, parce que cette mission en raison même de son importance fera encourir fatalement à la France les assauts répétés de l’Enfer déchaîné, va-t-Il, dans Sa prescience des événements, lui donner un protecteur d’autant plus puissant que les attaques infernales seront plus farouches. Il choisit alors le plus puissant et le premier de tous les Anges, le Chef de toutes les Milices Célestes, le grand vainqueur de Satan :

Saint Michel

saint Michel, qui est associé à toutes les grandes pages de notre histoire, inspira personnellement notre Jeanne d’Arc et lui déclara :

« Je suis Michel, le Protecteur de la France »(2)

 

 

Déjà, les peuplades de la Gaule croyaient à l’immortalité de l’âme et méprisaient la mort et, bien avant la naissance du Christ, avaient le culte de la Vierge qui devait enfanter le Sauveur du Monde, culte que Notre-Dame de Chartres a continué en le christianisant.

Dans la lutte engagée entre Vercingétorix et César cinquante ans avant l’avènement du christianisme ne peut-on voir encore l’un des signes de la prédestination de notre pays, dont le jeune chef inflige à Rome (c’est-à-dire au paganisme officiel) la sanglante défaite de Gergovie ?

Réddition d'Alésia

Vercingétorix jette ses armes aux pieds de César, de Lionel Royer, 1899, Musée Crozatier du Puy-en-Velay.

Éphémère victoire, sans doute, puisque l’héroïque chef gaulois est vaincu en définitive et que, magnanimement pour sauver son peuple des représailles romaines, il s’offre en holocauste, est traîné en esclave derrière le char de César et est égorgé à Rome dans cette prison Mamertine où, un siècle plus tard, le premier Vicaire du Christ, saint Pierre, sera crucifié.

Autre marque de la prédestination de notre Pays : le seul être qui ait volontairement apporté un soulagement matériel au Divin Maître au cours de sa Passion, Véronique, n’était-elle pas une Gauloise, originaire de Bazas ?

Sainte Véronique

Le premier converti du Sacré-Cœur, qui fut aussi le premier à oser proclamer la divinité du Sauveur, Longin, n’était-il pas gaulois lui aussi ? N’est-il pas logique, puisque notre Patrie a une mission divine à remplir, que Dieu ait voulu que ce soit une femme de chez nous qui transmît au monde entier l’image de sa Sainte Face et qu’un soldat de notre Pays ouvrît son Cœur adorable d’où devaient jaillir tous les trésors de grâce, d’amour et de résurrection qui, depuis lors, ne cessent d’embraser les âmes droites et qui doivent les irradier davantage encore à l’approche des derniers temps.

Ajoutons encore qu’en mourant, Notre-Seigneur regardait du côté de l’Occident, et que, le jour de son Ascension glorieuse en montant au ciel, Son regard se portait toujours du même côté, comme s’Il avait voulu unir dans un même geste d’amour suprême Rome et notre France, Son Église et Son Royaume de prédilection. (3)

Saint Lazare arrivant en Provence

Saint Lazare arrivant en Provence avec ses sœurs sainte Marthe et sainte Marie-Madeleine, sainte Marcelle et saint Maximin.
Speculum historiale. V. de Beauvais. XVe.

Enfin, les premiers Évangélistes qui apportent à la Gaule « la bonne Nouvelle » sont Madeleine, Marthe et Lazare. Lazare, image de la résurrection de la France. Madeleine, la grande pécheresse, mais l’âme au grand repentir et au grand amour qui symbolise à l’avance notre France pécheresse d’aujourd’hui, et notre France repentante et amoureuse de demain ; Madeleine, que le Christ a sauvée d’un regard et pour laquelle Il eut une toute particulière et tendre affection. En donnant à notre Pays Ses amis de dilection, le Sauveur pour la première fois lui donnait Son Cœur.

De son côté, la Vierge Immaculée voulut également manifester avec éclat l’amour dont Son Cœur débordait pour notre Pays. À ces Amis de dilection que Son Fils envoie en Gaule, Elle confie ce qu’Elle a de plus sacré au monde, le corps de Sa Mère, sainte Anne, pour qu’ils le déposent dans notre sol, pour bien montrer qu’Elle considérait que notre Peuple était plus capable qu’aucun autre de La remplacer sur terre pour entourer cette tombe si chère de respect, de vénération et d’amour.

Puis, si l’on en croit le Martyrologe Romain, le Pape saint Clément envoie dans notre pays Denys de l’Aréopage, converti par saint Paul et qui a assisté la Vierge à ses derniers moments. Denys s’installe à Lutèce et fait de nombreuses conversions.

Denis l'Areopagite

Après plusieurs arrestations et supplices, il est décapité avec quelques autres Chrétiens, sur la Colline de Mars, appelée depuis lors Mons Martyrum ou Montmartre (4), et enseveli à Saint-Denis. Ses restes furent, de tous temps, l’objet d’une vénération particulière, et il y a bien peu d’événements de notre Histoire auxquels l’Abbaye de Saint-Denis ne soit mêlée. La Basilique est le sanctuaire où sont enterrés tous nos Rois et où est déposée la vieille Bannière qui nous a si souvent conduits à la victoire au cri de « Mont-joye Saint-Denis ». Aussi n’est-on pas surpris de voir un Allemand, l’auteur de « La Mystique divine, magique et diabolique » (5) s’écrier :

« Détruisez la basilique de Saint-Denis : dispersez au vent les ossements de leurs Rois ; abattez, réduisez en cendres cette Basilique de Reims, où fut sacré Klodowig, où prit naissance l’Empire des Francs, faux frères des nobles Germains ; incendiez cette Cathédrale ».

 

Il avait bien compris, le misérable, ce que sont Reims et Saint-Denis : les deux symboles de notre Histoire Nationale. Il ne faisait, il est vrai, que continuer les traditions sauvages de sa race. Déjà, au début des invasions barbares, le général romain Cérialis disait très justement aux Gaulois :

« Les mêmes motifs de passer en Gaule subsistent toujours pour les Germains : l’amour des plaisirs, celui de l’argent, et le désir de changer de lieu. On les verra toujours, quittant leurs solitudes et leurs marécages, se jeter sur les Gaules si fertiles, pour asservir vos champs et vos personnes… (6) »

 

Cérialis avait dit vrai. Pendant plusieurs siècles, les tribus germaniques ne cessèrent de ravager la Gaule. C’était le temps où nos Évêques prenaient la tête de la résistance aux envahisseurs et méritèrent de s’appeler les défenseurs de la cité ; le temps où les Monastères étaient les refuges de la civilisation et où les moines défrichaient non seulement le sol de notre France, mais son âme et y semaient à profusion toutes les vertus qui devaient y germer en une éclosion magnifique et nulle part égalée. Comment ne pas citer saint Martin, le grand apôtre de nos campagnes et le fondateur de Ligugé… ? Déjà, à cette époque, la foi rayonnait de la Gaule sur les autres Pays : saint Patrick qui convertit l’Irlande n’était-il pas un disciple de l’Évêque de Tours… ?

Au milieu du Vè siècle, pour châtier le monde tombé dans l’arianisme, Dieu permit qu’Attila ravageât, avec ses Huns, les peuples hérétiques. Redoutable par son génie et par sa cruauté, il mit tout à feu et à sang sur son passage, égorgeant les populations terrifiées. Quand le châtiment eut été assez grand, Dieu suscita alors un autre Chef pour vaincre celui qui s’appelait justement « le fléau de Dieu » et sauver son Église : Mérovée, le Roi des Francs. Mérovée était païen, mais il avait l’âme généreuse et le cœur droit ; il souffrait de voir les tortures des populations chrétiennes et résolut d’arrêter l’envahisseur. Il le rencontra aux Champs Catalauniques, non loin de Reims, où son petit-fils, Clovis, devait être baptisé et sacré. Il tailla en pièces les Huns qui s’enfuirent de l’autre côté du Rhin, laissant au vainqueur un immense butin. Mérovée avait sauvé le monde chrétien et magnifiquement inauguré les gestes de Dieu par les Francs. Aussi Dieu permit-Il qu’il donnât son nom à la première branche de nos Rois.

Comme s’Il voulait que notre Pays ne fût étranger à aucun des grands événements chrétiens, Dieu permit qu’il fût mêlé au triomphe de l’Église sur l’Empire Romain. L’homme choisi par le Christ pour être le sauveur de la chrétienté fut Constantin l’Empereur des Gaules. Et c’est sur notre sol, à la tête de ses légions, composées en partie d’hommes de chez nous que la croix lumineuse lui apparût avec cette fulgurante promesse de victoire : In hoc signo vinces ! et qu’il se convertit (7).

« Quand le temps fut arrivé, que l’Empire Romain devait tomber en Occident, Dieu, qui livra aux Barbares une si belle partie de cet Empire, et celle où était Rome, devenue le Chef de la Religion, destina à la France des Rois qui devaient être les défenseurs de l’Église. Pour les convertir à la Foi, avec toute la belliqueuse Nation des Francs, Il suscita un saint Remy, homme apostolique, par lequel Il renouvela tous les miracles qu’on avait vus éclater dans la fondation des plus célèbres Églises, comme le remarque saint Remy lui-même dans son testament.

Saint Remi

« Ce grand Saint et ce nouveau Samuel, appelé pour sacrer les Rois, sacra ceux de France, en la personne de Clovis, comme il dit lui-même, pour être les perpétuels défenseurs de l’Église et des pauvres, qui est le plus digne objet de la Royauté. Il les bénit et leurs successeurs, qu’il appelle toujours ses enfants, et priait Dieu, nuit et jour, qu’ils persévérassent dans la Foi : prière exaucée de Dieu avec une prérogative bien particulière, puisque la France est le seul Royaume de la Chrétienté qui n’a jamais vu sur le trône que des Rois enfants de l’Église (8) ».

 

Le savant Cardinal Baronius écrit dans ses Annales ecclésiastiques (9) :

« À la chute de l’Empire d’Occident, trois races de barbares occupaient les Gaules : les Goths, les Burgondes et les Francs.

« Tout marchant à la dérive, la Divine Providence destina à survivre et à s’épanouir dans les âges futurs, le seul de ces peuples où devait s’épanouir aussi, au plus haut degré, le culte de la piété, de cette piété dont Childéric fut la fleur et Clovis le fruit (10).

« Pour protéger son Église naissante contre les flots envahissants de l’hérésie (11) et de la barbarie qui régnaient sur tous les trônes d’Orient et d’Occident…

« …Dieu paraît avoir institué les Rois de France et les a fait s’élever sur les ruines des peuples non Catholiques disparus.

« C’est pour cela que tous les peuples entachés d’hérésie… furent expulsés ou absorbés par les Francs, suivant la parole de Notre Seigneur : Tout arbre que n’a point planté mon Père sera arraché (Mat, XV, 13)

« C’est pour cela que le Royaume des Francs s’est épanoui dans une riche et luxuriante végétation arrosée par sa piété…

« Tout cela est d’une évidence qui se touche du doigt.

« …Il ne fallait rien moins qu’un tel saint (Remy), d’une telle vertu, d’une telle inspiration divine pour amener des ténèbres de la gentilité à la lumière de l’Évangile, la noble Nation des Francs et son très illustre Roi.

« Comme il ne fallait rien moins qu’un tel Roi (Clovis), pour illustrer le premier de tous et à jamais, son royaume de l’impérissable éclat de la religion du Christ, pour entourer d’un amour sans défaillance, d’une protection perpétuelle, cette même religion du Christ. »

 

C’est ce que reconnaissait le Pape Pélage II :

« Ce n’est pas en vain, ce n’est pas sans une admirable disposition que la Providence a placé la catholique France aux portes de l’Italie et non loin de Rome ; c’est un rempart qu’Elle ménageait à toutes deux (12) ».

Mission providentielle de la France, proclamée par Grégoire IX écrivant à saint Louis :

« De même qu’autrefois la tribu de Juda reçut d’en haut une bénédiction toute spéciale parmi les autres fils du Patriarche Jacob ; de même le royaume de France est au-dessus de tous les autres peuples, couronné par Dieu lui-même de prérogatives extraordinaires. La tribu de Juda était la figure anticipée du royaume de France (13) ».

 

LE PACTE DE TOLBIAC

Ary Scheffer - Bataille de Tolbiac

La bataille de Tolbiac – (1837) par Ary Scheffer

 

Trois grands saints de France se trouvent participer à la Conversion de Clovis :

saint Remy, dont nous allons voir les principaux Miracles en faveur de ce Prince et des Rois ses successeurs ;

sainte Clotilde qui, par son exemple, a une grosse influence sur le Roi, son époux ;

— et la Patronne de Paris (14), l’amie de la Reine, sainte Geneviève qui 30 ans auparavant avait sauvé la ville des hordes d’Attila (451), et lui évita la famine au moment où, encore entre les mains des Romains, elle était assiégée par Clovis, dont elle avait préparé la conversion dès le règne de Childéric, sans être parvenue, malgré sa très grande influence, à amener ce dernier prince aux lumières de la foi ; sainte Geneviève qui voulait reconstruire un temple magnifique en l’honneur de saint Denis.

Sainte Geneviève

Sainte Geneviève, patronne de Paris, devant l’Hotel de Ville

 

Comme tout se tient dans notre Histoire de France ! Il semble qu’un lien mystique unit tous ceux que Dieu a envoyés pour nous sauver miraculeusement ; saint Denis, qui aurait approché la mère du Sauveur, et sainte Madeleine inspirent à notre pays un culte tout spécialement confiant à la Vierge qui, en retour, lui marque sa prédilection par ses nombreuses apparitions. Sainte Geneviève revivifie le culte de saint Denis ; Jeanne d’Arc (que Dieu fait naître à Domremy (15)) renouvelle le pacte de Clovis et de saint Remy, et dépose en hommage ses armes à l’Abbaye de Saint-Denis, etc… Comme si chacun d’eux voulait faire toucher du doigt au peuple de France, qu’il n’est qu’un des artisans du même édifice ; qu’il ne fait que continuer l’œuvre du précédent missionnaire divin ; et cela de par la volonté du Tout-Puissant !

Sur le point de succomber sous les forces ennemies à Tolbiac, Clovis invoque le Dieu de Clotilde, le Christ, et promet de se convertir au Catholicisme s’il est vainqueur. Il obtient une victoire éclatante contre les Allemands.

« C’est dans toute l’exaltation de sa victoire surnaturelle qu’il dicta, dans un magnifique élan de foi et de reconnaissance, le superbe décret, vibrant d’enthousiasme et d’amour, qui voue la France à jamais, aussi longtemps qu’elle existera au règne de Jésus-Christ, exigeant qu’il fût placé comme loi constitutionnelle du Royaume des Francs (16), la loi salique (17) que complétèrent ses successeurs et dont voici quelques passages :

« la nation des francs, illustre, ayant Dieu pour fondateur, forte sous les armes, ferme dans les traités de paix, hardie, agile et rude au combat, depuis peu convertie a la foi catholique, libre d’hérésie.

« elle était encore sous une croyance barbare.

« mais avec l’inspiration de Dieu, elle recherchait la clé de la science, selon la nature de ses qualités, désirant la justice, gardant la piété.

« alors la loi salique fut dictée par les chefs de cette nation qui en ce temps commandaient chez elle …..

« puis lorsque avec l’aide de Dieu, Clodwigh le chevelu, le beau, l’illustre roi des francs eut reçu, le premier, le baptême catholique, tout ce qui dans ce pacte était jugé peu convenable fut amendé avec clarté par les illustres rois Clodwigh, Childebert et Clotaire.

« et ainsi fut dressé ce décret :

« Vive le Christ qui aime les Francs !

« qu’il garde leur royaume et remplisse leurs chefs des lumières de Sa grâce !

« qu’il protège l’armée !

« qu’il leur accorde des signes qui attestent leur foi, leur joie, la paix, la félicité !

« que le Seigneur Jésus-Christ dirige dans le chemin de piété ceux qui gouvernent !

« car cette nation est celle qui, petite en nombre, mais brave et forte, secoua de sa tête le dur joug des romains et qui, après avoir reconnu la sainteté du baptême, orna somptueusement les corps des saints martyrs que les romains avaient consumés par le feu, mutilés par le fer, ou fait déchirer par les bêtes… »

 

Voilà notre première Constitution !

Elle repose sur l’Évangile ! Deux phrases la résument :

Vive le christ, qui est roi de France !

Vive le roi de France, qui est lieutenant du christ !

 

Ainsi, « la France a eu ce bonheur inespéré, unique au monde, d’avoir la première bâti sa civilisation non pas sur une vérité philosophique ou religieuse quelconque, sur une vérité plus ou moins diminuée ou discutée, mais sur la vérité totale, intégrale, universelle, sur le catholicisme qui signifie la religion universelle.

« Qu’en est-il résulté ?

« C’est que la France a fondé une civilisation merveilleuse comme le monde n’en a jamais vu, qu’elle est devenue cet astre lumineux qui a couvert le monde de sa lumière, de sa chaleur et de ses bienfaits.

« On dit « La civilisation française » et on a raison ; mais cette civilisation n’est pas autre chose que la civilisation catholique, apostolique et romaine et elle n’est dite française que parce que c’est la France qui en a tenu le flambeau !

« Aujourd’hui encore, dans tout l’Orient, malgré les Combes, les Clemenceau, les Briand, catholiques et français sont synonymes, et tous les catholiques, fussent-ils espagnols, anglais ou italiens, etc… sont désignés sous le nom générique de Francs !

« Ah ! la France avait pris pour base la pierre angulaire même de l’Église : le Christ ; quoi d’étonnant qu’elle ait bénéficié de l’universalité du Christ et de l’Église ?

« Et voilà, pour le dire en passant, le véritable Internationalisme de la France ! Mais c’est celui de l’Évangile, non celui du Talmud ou de la libre pensée, celui de l’Église romaine, non celui de la synagogue de Jérusalem, du temple de la rue Cadet ou de l’Église de Genève ! Mais cet internationalisme loin de détruire la personnalité de la France, la suppose ! Comment le flambeau de la Vérité catholique rayonnera-t-il, si vous supprimez le porte-flambeau ? (18) »

 

LE BAPTISTÈRE DE REIMS

Le baptême de Clovis

Le baptême de Clovis
Office en l’honneur de sainte Clotilde
Paris, BNF, département des Manuscrits, Latin…
 
Il s’agit ici d’une image de dévotion qui fixe la mémoire d’un grand moment de l’histoire de France, le baptême de Clovis. Elle sert en effet de frontispice à un office pour la fête de sainte Clotilde, le 4 juin. Clovis couronné mais dévêtu se tient dans la cuve baptismale au centre de la représentation. À droite, saint Rémi en vêtements épiscopaux s’apprête à officier, tandis que la colombe céleste apporte le chrême de la Sainte Ampoule. Quelque peu éclipsée par son mari, Clotilde, debout à gauche, fait un geste de prière. Elle est vêtue d’une robe héraldique aux armes de France et de Bourgogne tout comme la reine agenouillée à ses pieds. Il faut donc voir là un portrait de Jeanne de Bourgogne, première épouse de Philippe VI décédée en 1348 et commanditaire probable du manuscrit. La reine fait ici une allusion claire au rôle bénéfique des princesses de Bourgogne dans l’histoire de France, en même temps qu’elle affirme sa dévotion envers la première reine chrétienne de la France.

 

Le miracle auquel on ne veut plus croire existe à l’état permanent : c’est notre histoire. On peut dire avec l’Abbé Vial (19) que :

« Lourdes, La Salette, Pontmain, Notre-Dame des Victoires, etc. ,… ne sont que les avant-derniers anneaux d’une longue chaîne de miracles qui va du Baptistère de Reims, où est née la France, à la Basilique du Sacré-Cœur où elle ressuscitera, en passant par les cycles bénis de saint Bernard, de saint Louis, de Jeanne d’Arc, du Curé d’Ars » ;

nous ajouterons aussi de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.

 

Saint Remy et le baptistère de Reims sont pour la France ce que Moïse et le Sinaï furent pour le peuple juif.

 

Le 19 décembre 1907, à l’Archevêque de Reims, Monseigneur Luçon, nouvellement promu Cardinal, saint Pie X déclarait (20) :

« Reims conserve la source baptismale d’où est sortie toute la France Chrétienne, et elle est justement appelée pour cela le Diadème du Royaume. C’était une heure ténébreuse pour l’Église de Jésus-Christ. Elle était d’un côté combattue par les Ariens, de l’autre assaillie par les Barbares ; elle n’avait plus d’autre refuge que la prière pour invoquer l’heure de Dieu. Et l’heure de Dieu sonna à Reims, en la fête de Noël 496. Le baptême de Clovis marqua la naissance d’une grande nation : la tribu de Juda de l’ère nouvelle, qui prospéra toujours tant qu’elle fut fidèle à l’orthodoxie, tant qu’elle maintint l’alliance du Sacerdoce et du Pouvoir public, tant qu’elle se montra, non en paroles, mais en actes, la Fille aînée de l’Église. »

Le baptême de Clovis

Dans la nuit de Noël 496, à minuit, au jour anniversaire et à l’heure même de Sa naissance, le Christ lors de la naissance spirituelle de notre France et de nos Rois voulut par un miracle éclatant affirmer la mission divine de notre Pays et de la Race Royale de Mérovée, au moment même où saint Remy va proclamer cette mission au nom du Tout-Puissant, pour sanctionner solennellement les paroles divinement inspirées de Son ministre. À minuit, alors que le Roi, la Reine et leur suite sont là,

« soudain, raconte Hincmar, Archevêque de Reims, une lumière plus éclatante que le soleil inonde l’Église ! le visage de l’évêque en est irradié ! en même temps retentit une voix : la paix soit avec vous ! c’est moi ! n’ayez point peur ! persévérez en ma dilection ! (21) »

 

Quand la voix eut parlé, ce fut une odeur céleste qui embauma l’atmosphère.

« Le Roi, la Reine, toute l’assistance épouvantés, se jetèrent aux pieds de saint Remy qui les rassura et leur déclara que c’est le propre de Dieu d’étonner au commencement de Ses visites et de réjouir à la fin.

« Puis soudainement illuminé d’une vision d’avenir, la face rayonnante, l’œil en feu, le nouveau Moïse s’adressant directement à Clovis, Chef du nouveau Peuple de Dieu, lui tint le langage identique quant au sens de l’ancien Moïse à l’Ancien Peuple de Dieu :

« Apprenez, mon fils, que le royaume de France est prédestiné par dieu a la défense de l’Église romaine qui est la seule véritable Église du christ.

« Ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes.

« Et il embrassera toutes les limites de l’empire romain !

« Et il soumettra tous les peuples a son sceptre !

« Il durera jusqu’à la fin des temps !

« Il sera victorieux et prospère tant qu’il sera fidèle a la foi romaine.

« Mais il sera rudement châtié toutes les fois qu’il sera infidèle a sa vocation (22) ».

Au IXè siècle, Raban Maur, Archevêque de Mayence, a rendu public le passage suivant qui aurait été prononcé également par saint Remy à la fin de son allocution :

« Vers la fin des temps, un descendant des rois de France régnera sur tout l’antique empire romain.

« Il sera le plus grand des rois de France et le dernier de sa race.

«VAprès un règne des plus glorieux, il ira à Jérusalem, sur le mont des oliviers, déposer sa couronne et son sceptre, et c’est ainsi que finira le saint empire romain et chrétien (23) ».

 

Commentant cette magnifique vision d’avenir, l’Abbé Vial écrit :

« La prophétie comprend quatre points :

1° La vocation de la France : elle est le Soldat de Dieu !

2° Sa gloire future : elle sera sans égale !

3° Sa durée : celle de l’Église.

4° La sanction divine : récompense ou châtiment uniques au monde, comme sa gloire ».

 

Et il ajoute en note :

« Bien remarquer que la prophétie est faite directement à la race, à la postérité, à la famille royale, « semini, generi regio, posteritati » comme si la race était aussi inséparable de la France que la France est inséparable de l’Église ».

 

 

LA SAINTE AMPOULE

La Sainte Ampoule

 

Un nouveau miracle devait se produire le jour même au Baptistère ; laissons parler Hincmar (24) :

« Dés qu’on fut arrivé au baptistère, le clerc qui portait le chrême, séparé par la foule de l’officiant, ne put arriver à le rejoindre.

Le saint Chrême fit défaut.

Le pontife alors lève au ciel ses yeux en larmes et supplie le Seigneur de le secourir en cette nécessité pressante.

Soudain apparaît, voltigeant à portée de sa main, aux yeux ravis et étonnés de l’immense foule, une blanche colombe tenant en son bec, une ampoule d’huile sainte dont le parfum d’une inexprimable suavité embauma toute l’assistance.

Dès que le prélat eut reçu l’ampoule, la colombe disparut ! »

 

C’est avec le saint chrême contenu dans cette ampoule, qu’ont été sacrés tous nos Rois (25).

La Sainte Ampoule du Sacre de Charles X et son aiguillette

La Sainte Ampoule et son aiguillette réalisées à l’occasion du Sacre de Charles X

Comme au baptême du Christ, c’est

« le Saint-Esprit qui par l’effet d’une grâce singulière apparut sous la forme d’une colombe et donna ce baume divin au pontife (26) »

voulant assister visiblement au sacre du premier de nos Rois, pour marquer ainsi d’un signe sacré de toute spéciale prédilection notre Monarchie, consacrer tous nos Rois et imprimer sur leur front un caractère indélébile qui leur assurerait la Primauté sur tous les autres Souverains de la terre ; enfin les munir de Ses sept dons pour qu’ils pussent accomplir leur mission providentielle dans le monde.

Reliquaire de la Sainte Ampoule réalisé à l’occasion du Sacre de Charles X

Reliquaire de la Sainte Ampoule réalisé à l’occasion du Sacre de Charles X

Ainsi, pour le Sacre de nos Rois, Dieu a voulu non d’une huile terrestre, mais d’une huile céleste afin que le Roi de France (tout comme le Christ) fut non pas fictivement mais très réellement et véritablement « l’oint » du Seigneur. Ce privilège unique était reconnu dans le monde entier. Dans toutes les cérémonies diplomatiques, en effet, l’ambassadeur du Roi de France avait le pas sur ceux de tous les autres Souverains parce que son Maître était « sacré d’une huile apportée du Ciel » ainsi que le reconnaît un décret de la République de Venise daté de 1558. Hommage universel rendu au miracle de la Sainte Ampoule et reconnaissance éclatante de la prééminence du Roi Très Chrétien sur tous les autres Princes de la terre (27).

C’était pour commémorer toutes ces merveilles que le peuple, à chaque sacre ou dans chaque grande réjouissance publique, criait : Noël ! Noël ! Vive le Roi ! Noël ! Noël !

 

À l’occasion de son baptême et de son sacre, Clovis reçut des félicitations de nombreux évêques gaulois et étrangers ; il est deux lettres qui, entre toutes, méritent d’être mentionnées, celle de saint Avit, évêque de Vienne.

« Le Noël du Seigneur, écrit saint Avit (28), est aussi le Noël des Francs ; vous êtes né au Christ, le jour où le Christ est né pour nous… Votre foi est notre victoire, et nous sommes les vainqueurs partout où vous combattez (29) ».

 

Et celle du Pape Anastase II :

« Glorieux Fils, nous nous félicitons que votre avènement à la foi inaugure notre pontificat. Un si grand événement fait tressaillir de joie le siège de Pierre… Que la joie de votre Père vous fasse croître dans les saintes œuvres. Comblez nos désirs, soyez notre couronne et que notre mère l’Église s’applaudisse des progrès du grand Roi qu’elle vient d’enfanter à Dieu.

« Illustre et glorieux Fils, soyez sa gloire, soyez pour elle une colonne de fer !

« Nous louons Dieu, qui Vous a retiré de la puissance des ténèbres, pour faire d’un si grand Prince le défenseur de Son Église et opposer votre gloire aux attaques des pervers.

« Continuez donc cher et glorieux Fils, afin que le Dieu tout-puissant entoure votre sérénité et votre royaume de Sa protection et commande à Ses anges de vous protéger dans toutes vos voies et vous donne la victoire sur tous vos ennemis (30) ».

 

LES ARMES DE FRANCE

Les grandes armes de France

Les grandes armes de France

 

Le Christ allait encore accomplir de nouveaux prodiges en faveur de Clovis :

« On lit… en auculnes escriptures qu’en ce temps avoit un hermite, prudhomme et de saincte vie qui habitoit en un bois près d’une fontaine, au lieu qui de présent est appelé Joye-en-Val, en la chastellenie de Poissy, près Paris auquel hermite ladicte Clotilde, femme dudict Roy Clovis avoit grande fiance et pour sa saincteté le visitoit souvent et luy administroit ses nécessitez.

« Et advint un jour que ledict hermite estant en oraison, un ange s’apparut à luy en luy disant qu’il feist raser les armes des trois croissans que ledict Clovis portoit en son escu (combien qu’aucuns disent que c’estoient trois crapeaux) et au lieu d’iceux portast un escu dont le champ fust d’azur, semé tout de fleurs de liz d’or, et luy dict que Dieu avoit ordonné que les Rois de France portâssent doresnavant telles armes.

« Ledict hermite revela à la femme dudict Clovis son apparition ; laquelle incontinent feit effacer Iesdicts trois croissans ou crapeaux, et y feit mettre lesdictes fleurs de liz et les envoya audict Clovis son mari qui, pour lors, estoit en guerre contre le Roy Audoc, sarrazin qui estoit venu d’Allemagne à grande multitude de gens, es parties de France et avoir son siège devant la place de Conflans Saincte Honorine, près Pontoise.

« Clovis se combattit et eut victoire : et combien que la bataille commençast en la ville, toutefois fut achevée en la montaigne, en laquelle est à présent la tour de Montjoye.

« Et là fut pris premièrement et nommé le cry des François et les armes, c’est à savoir Montjoye et depuis y a été adjousté Sainct Denis.

« Et, en la révérence de la mission desdictes fleurs de liz, fut illec en la vallée fondée un monastère de religieux qui fut et encore est appelée l’abbaye de Joye-en-Val, pour la mission de la saincte Ampolle et desdictes fleurs de liz qui furent envoyées à ce grand roy Clovis, premier roy chrestien.

« Enquoy appert évidemment que Dieu notre Père et Sauveur a singulièrement aimé les Rois de France et les a voulu décorer et garnir de singulières grâces et prééminences pardessus tous autres rois et princes terriens et d’iceux faire les deffenseurs de la saincte Foy et Loy de Jésus-Christ (31) ».

crapaud VS lys

 

Et Guillaume de Nangis, dans la chronique de saint Louis, explique ainsi la signification symbolique des armes de France :

« Puisque Notre Père Jhésus-Christ veut espécialement sur tous autres royaumes, enluminer le royaume de France de Foy, de Sapience et de Chevalerie, li Roys de France accoustumèrent en leurs armes à porter la fleur de liz paincte par trois fueillées (feuilles), ainsi come se ils deissent à tout le monde : Foi, Sapience et Chevalerie sont, par la provision et par la grâce de Dieu, plus habondamment dans nostre royaume que en ces aultres, Les deux fueillées qui sont oeles (ailes) signifient Sapience et Chevalerie qui gardent et défendent la tierce fueillée qui est au milieu de elles, plus longue et plus haute, par laquelle Foy est entendue et segneufiée, car elle est et doibt estre gouvernée par Sapience et deffendue par Chevalerie. Tant comme ces trois grâces de Dieu seront fermement et ordénement joinctes ensemble au royaume de France, li royaume sera fort et ferme, et se il avient, que elles soient ostées et desseurées (séparées), le royaume cherra (tombera) en désolacion et en destruiement (32) ».

 

les-armes-des-rois-de-france-ancien les-armes-des-rois-de-france-ancien
« D’azur, semé de fleurs de lys d’or (qui est de France ancien) »

Les armes de France ancienne furent portées à partir d’Hugues Capet, Roi des Francs de 987 à 996, puis par l’ensemble de la dynastie des Capétiens, jusqu’à Charles V, Roi de France de 1364 à 1380. Charles VII, Roi de France de 1380 à 1422, porta ensuite les armes de France moderne.

« D’azur, à trois fleurs de lys d’or (qui est de France moderne) » 

Les armes de France moderne furent portées à partir de Charles VI, Roi de France de 1380 à 1422, jusqu’à Charles X, Roi de France de 1824 à 1830.

Aujourd’hui, ce sont les armes de la région administrative d’Île-de-France.

Les trois fleurs de lys du blason donné par Dieu à nos Rois ont d’autres significations plus belles encore que l’histoire, la science héraldique et les révélations nous enseignent : Charles V fixa définitivement à trois les fleurs de lys des armes de France qui souvent, étaient nombreuses et en semis. Il prit cette décision en l’honneur et pour représenter les trois personnes de la Sainte Trinité (33). Elles représentent également la Sainte Famille et aussi le triangle symbolique manifesté à la vénérable Philomène de Sainte Colombe : le Christ, Sa Divine Mère et Saint Michel, les trois grands vainqueurs de Lucifer (34).

 

LE TESTAMENT DE SAINT REMY

Clovis et St Remi

 

Le testament de saint Remy a une importance capitale pour nous Français ; c’est une véritable vision d’avenir qui prend une autorité toute particulière du fait que le grand Pape saint Hormisdas écrivit à saint Remy lorsqu’il l’institua en ces termes Légat pour toute la France (35) :

« Nous donnons tous nos pouvoirs pour tout le Royaume de notre cher Fils spirituel Clovis, que par la grâce de Dieu vous avez converti avec toute sa Nation, par un apostolat et des miracles dignes du temps des Apôtres ».

 

De ce testament saint Pie X disait le 13 décembre 1908 à l’Évêque d’Orléans, lors de la lecture du Décret de béatification de Jeanne d’Arc (36).

« Vous direz aux français qu’ils fassent leur trésor des testaments de saint Remy, de Charlemagne, et de saint Louis, qui se résument dans ces mots si souvent répétés par l’héroïne d’Orléans :

« Vive le Christ qui est Roi de France.

« À ce titre seulement la France est grande parmi les nations. À cette clause dieu la protégera et la fera libre et glorieuse. À cette condition, on pourra lui appliquer ce qui dans les livres saints est dit d’Israël : que personne ne s’est rencontré qui insultât ce peuple, sinon quand il s’est éloigné de dieu… »

 

Voici ce testament :

« Que le présent testament (37) que j’ai écrit pour être gardé respectueusement intact par mes successeurs les évêques de Reims, mes frères, soit aussi défendu, protégé partout envers et contre tous par mes très chers fils les rois de France par moi consacrés au seigneur à leur baptême, par un don gratuit de Jésus-Christ et la grâce du Saint-Esprit.

« Qu’en tout et toujours il garde la perpétuité de sa force et l’inviolabilité de sa durée…

« Mais par égard seulement pour cette race royale qu’avec tous mes frères et co-évêques de la Germanie, de la Gaule et la Neustrie, j’ai choisie délibérément pour régner jusqu’à la fin des temps, au sommet de la majesté royale pour l’honneur de la sainte Église et la défense des humbles.

« Par égard pour cette race que j’ai baptisée, que j’ai reçue dans mes bras ruisselante des eaux du baptême : cette race que j’ai marquée des sept dons du Saint-Esprit, que j’ai ointe de l’onction des rois, par le saint chrême du même Saint-Esprit, j’ai ordonné ce qui suit :

 

I° Malédictions

 

« Si un jour cette race royale que j’ai tant de fois consacrée au seigneur, rendant le mal pour le bien, lui devenait hostile, envahissait Ses Églises, les détruisait, les dévastait ;

« que le coupable soit averti une première fois par tous les évêques réunis du diocèse de Reims.

« Une deuxième fois par les Églises réunies de Reims et de Trêves (38).

« Une troisième fois par un tribunal de trois ou quatre archevêques des Gaules.

« Si à la septième monition il persiste dans son crime, trêve à l’indulgence ! place à la menace !

« S’il est rebelle à tout, qu’il soit séparé du corps de l’Église par la formule inspirée aux évêques par l’Esprit-Saint : parce qu’il a persécuté l’indigent, le pauvre, au cœur contrit ; parce qu’il ne s’est point souvenu de la miséricorde ; parce qu’il a aimé la malédiction, elle lui arrivera ; et n’a point voulu de la bénédiction, elle s’éloignera.

« Et tout ce que l’Église a l’habitude de chanter de Judas le traître et des mauvais évêques, que toutes les Églises le chantent de ce roi infidèle.

« Parce que le seigneur a dit : tout ce que vous avez fait au plus petit des Miens, c’est à Moi que vous l’avez fait, et tout ce que vous ne leur avez pas fait, c’est à Moi que vous ne l’avez pas fait.

« Qu’a la malédiction finale on remplace seulement, comme il convient à la personne, le mot épiscopat par le mot royauté :

« Que ses jours soient abrégés et qu’un autre reçoive sa royauté !

« Si les archevêques de Reims, mes successeurs, négligent ce devoir que je leur prescris, qu’ils reçoivent pour eux la malédiction destinée au prince coupable, que leurs jours soient abrégés et qu’un autre occupe leur siège. »

 

II° Bénédictions

 

« Si notre seigneur Jésus-Christ daigne écouter les prières que je répands tous les jours en Sa présence, spécialement pour la persévérance de cette race royale, suivant mes recommandations, dans le bon gouvernement de son royaume et le respect de la hiérarchie de la sainte Église de dieu.

« Qu’aux bénédictions de l’Esprit-Saint déjà répandues sur la tête royale s’ajoute la plénitude des bénédictions divines !

« Que de cette race sortent des rois et des empereurs (39) qui, confirmés dans la vérité et la justice pour le présent et pour l’avenir suivant la volonté du seigneur pour l’extension de Sa sainte Église, puissent régner et augmenter tous les jours leur puissance et méritent ainsi de s’asseoir sur le trône de David dans la céleste Jérusalem ou ils régneront éternellement avec le Seigneur. Ainsi soit-il (40) ».

 

Ce testament signé du grand Évêque le fut également par six autres Évêques et d’autres Prêtres. Trois de ces Évêques sont réputés pour leur sainteté : saint Vedast, Évêque d’Arras, saint Médard, Évêque de Noyon, saint Loup, Évêque de Soissons. Ils le signèrent sous la formule suivante :

« X…. Évêque.

« Celui que mon Père Remy a maudit, je le maudis, celui qu’il a béni, je le bénis.

« Et j’ai signé ».

 

Et Baronius, le savant Cardinal (41), après onze siècles d’expérience, de constater :

« Malgré les crimes de ses Rois, le Royaume de France n’a jamais passé sous une domination étrangère et le peuple Français n’a jamais été réduit à servir d’autres Peuples.

« C’est cela qui a été accordé par une promesse divine, aux prières de saint Remy, suivant la parole de David (Ps. 88) : Si Mes Fils abandonnent Ma loi ; s’ils ne marchent point dans la voie de Mes Jugements ; s’ils profanent Mes justices et ne gardent point Mes commandements, Je visiterai leurs iniquités avec la verge et leurs péchés avec le fouet ; mais Je n’éloignerai jamais de ce peuple Ma miséricorde ».

 

En lisant le Testament de Saint Remy, ne croirait-on pas entendre Moïse sur le Nebo :

« Voici que je vous mets aujourd’hui devant les yeux la bénédiction et la malédiction. La bénédiction, si vous obéissez aux Commandements du Seigneur votre Dieu, que je vous prescris aujourd’hui ; la malédiction, si vous n’obéissez point à ces mêmes commandements et vous retirez du chemin que je vous montre maintenant… » (Deut. XI, 26-30).

 

LE SACRE DES ROIS DE FRANCE

Le Sacre (miniature des « Grandes Chroniques de France »)

Le Sacre (miniature des « Grandes Chroniques de France »)

ORIGINE DU SACRE DES ROIS

considérations générales

 

Jésus-Christ, Roi des Rois, est le principe de toute Royauté, puisque tout pouvoir émane de Lui, comme Dieu ; Il est le modèle parfait des Rois de la terre. Il est Roi par droit héréditaire, comme Fils de Dieu, et Sa Souveraineté est infinie, Son pouvoir absolu. Il est Roi par le sacre, par l’onction : « Dieu Vous a oint d’une huile de joie au-dessus de ceux qui ont été sacrés comme Vous ». (Ps. XLIV) et « C’est Dieu, Son Père qui le consacre de Sa propre main » personne n’étant digne de sacrer le Christ.

Christ Roi

C’est la Royauté Universelle du Christ, c’est Son sacre qui ont été l’occasion de la chute de Lucifer et des mauvais anges. C’est aussi cette Royauté et ce Sacre qui ont été pour saint Michel et les bons anges l’occasion de leur victoire. Il est donc logique que Satan poursuive d’une haine inextinguible tous les oints du Seigneur dont le rôle est d’être des images du Christ-Roi, mais aussi, que ceux-ci jouissent de la spéciale protection de saint Michel, le chef de toutes les milices célestes.

C’est par le Sacre du Verbe que Lucifer a été vaincu, c’est par celui des Rois et des Évêques représentants spirituels et temporels de la Royauté du Christ qu’il continuera de l’être. Aussi

« Satan qui veut anéantir le bonheur de l’homme et qui tend par tous les moyens dont il dispose à détruire le règne de Dieu pour mettre le sien à sa place n’a pas trouvé de plus sûr moyen pour arriver à son but que de faire disparaître le pouvoir pontifical et le pouvoir royal : le pontife et le roi qui sont les deux colonnes de l’édifice social sont l’objet des attaques particulières et constantes de l’enfer ; le pontife et le Roi qui sont les canaux des grâces spirituelles et temporelles dont le Seigneur veut combler les Peuples ; les témoins de Sa Providence à travers les âges ; les deux fils de l’huile sainte qui sont devant le Seigneur de la terre (Apoc. XI). Satan s’efforce de les supprimer » (Zach. IV, 14) (42) ».

 

Mais le Christ ne pouvait descendre que d’une Famille Royale, aussi Dieu le Père établit-Il la Royauté sur Israël, comme étant la forme du Gouvernement « la plus naturelle, la plus parfaite et celle qui pouvait le mieux assurer la paix et la durée de l’État ».

Non seulement Dieu établit la Royauté, mais Il choisit la Race Royale qui devait donner naissance à Son Fils : « Vous établirez celui que le Seigneur votre Dieu aura choisi du nombre de vos frères ». Et Dieu fait choix de la Maison d’Isaïe. Mais avant de faire monter sur le trône cette maison Il veut que les exemples et les fautes d’un Roi d’une autre race lui servent d’exemple, aussi ordonne-t-il au Grand Prêtre Samuel de sacrer Saül.

 

Pour bien montrer à quel point la grâce du sacre est efficace, Il choisit un simple pâtre sans instruction et sans intelligence :

« Samuel prit une petite fiole d’huile qu’il répandit sur la tête de Saül et il le baisa et lui dit : c’est le Seigneur qui par cette onction vous sacre prince sur Son héritage ». (I Rois, X, 1) . »

 

Le sacre est le lien qui unit le Roi à Dieu et le canal par lequel la puissance, l’assistance et le rayonnement de la majesté divine se communiquent au Roi au moment où il devient l’oint du Seigneur « personne sainte et sacrée ». (I Rois, IX, 15 à 17 et X, 1 etc… )

Samuel ajoute à Saül « En même temps l’esprit du Seigneur se saisira de vous et vous serez changé en un autre homme ». (I Rois, X, 6).

Et le Livre des Rois (I, X, 9) constate « Dieu lui changea le cœur et lui en donna un autre ».

Ainsi, « Par l’onction Dieu créa en lui une personne morale douée d’une grande supériorité. De cet israélite simple, timide, irrésolu, Dieu fit un roi sage, prudent, plein de fermeté et d’énergie, capable de conduire dans sa voie la nation choisie (43) ».

Et Samuel termine son allocution au nouveau Roi par cette recommandation : « Faites hardiment tout ce qui se trouvera à faire, parce que le Seigneur sera avec vous ». (I Rois, X, 7).

 

Il n’est donc pas nécessaire que le Roi soit un homme de génie puisque Dieu supplée aux qualités qui lui manquent par la vertu du sacre. Aussi, Saül est-il vainqueur en toutes circonstances, réalisant cette grande prophétie d’Isaïe vraie pour tous les temps : « le joug tombera en pourriture en présence du sacre ». (X, 17)

Mais Saül s’étant arrogé les droits du sacerdoce, il est rejeté. Dieu donne l’ordre à Samuel « de prendre l’huile sainte et d’aller à Bethléem où Il s’est choisi un Roi parmi les enfants d’Isaïe (I Rois, XVI, 1) : le plus jeune, David. Sacrez-le présentement car c’est lui que J’ai choisi ». (I Rois, XVI, 12).

Ainsi, du vivant même de Saül, David est le seul Roi légitime, et pourtant il est inconnu de tous, (hors Dieu, le Grand Prêtre et sa Famille) Roi caché que Dieu ne veut pas faire connaître encore afin de le préparer à sa mission future, et de le mettre à l’abri des ennemis jusqu’au jour fixé par Sa Providence pour l’accomplissement de cette mission (44).

Onction de David par Samuel

L’onction de Davis par le Grand Prêtre Samuel

Dès lors David est rempli de l’Esprit Saint ; tout ce qu’il entreprend réussit et seul il peut arrêter la folie de Saül de l’esprit duquel Dieu s’est retiré, pour faire place à Satan. L’esprit de David, en effet, étant « uni par le sacre à l’Esprit de Dieu devient supérieur à l’esprit mauvais et se trouve par ce secours en position de le dominer et de le vaincre. Voilà pourquoi l’institution de la Royauté a une si grande importance et que Dieu a voulu, ainsi que le constate l’Écriture, y mettre Lui-même la main (45) ».

 

Par le sacre Dieu constitue donc un homme Son représentant officiel et le munit d’une armature divine pour défendre la société contre les attaques de l’enfer.

Après la mort de Saül, toutes les tribus d’Israël vinrent trouver David à Hébron et lui dirent :

« Nous sommes vos os et votre chair ». (II, Rois, V, 1).

 

 

« Paroles remarquables qui rappellent celles qu’Adam applique à Ève : Voilà maintenant l’os de mes os, la chair de ma chair ».

« Comme l’homme doit être uni à son épouse, ainsi le peuple doit être uni au Roi. Comme l’homme est le chef de la femme, ainsi le Roi est le chef et la tête du peuple et ne fait qu’un avec lui.

« C’est par la tête que la bénédiction de Dieu descend sur le corps tout entier : par le Roi qu’elle descend sur la société. Ainsi, le Roi devient par le sacre la source et le canal des faveurs multiples de Dieu sur le peuple (46) ».

 

Cette étude sur le Sacre sous l’Ancien Testament n’était pas inutile pour mieux éclairer celle du Sacre de nos Rois, car les leçons qui s’en dégagent s’appliquent également à l’ère chrétienne.

 

Sa signification

Ordo du Sacre, L'Onction du roi - Ordo de 1246

Ordo du Sacre, L’Onction du roi – Ordo de 1246

 

« Le sacre de nos Rois est la cérémonie la plus solennelle que la religion ait établie pour rendre nos Monarques respectables »

dit Alletz dans son Cérémonial du Sacre.

Le sacre (47) est en France la consécration nécessaire de l’autorité royale. « Gentil Dauphin » disait Jeanne d’Arc à Charles VII, tant qu’il ne fut pas sacré (48).

L’éminent Bénédictin, Dom Besse, expose la signification du sacre dans une page magistrale, qu’il est impossible de ne pas reproduire :

« Le Roi prenait possession de son trône le jour du sacre. Jésus-Christ lui conférait dans la basilique de Reims l’investiture du royaume.

« Il recevait du prélat consécrateur, avec le caractère royal, les aptitudes au gouvernement. Nous les appelons, dans la langue chrétienne, les grâces d’état. un caractère sacré s’imprimait sur toute sa personne, il en faisait un être a part, un consacré. Le Peuple Chrétien le prenait pour l’élu de dieu, l’oint du seigneur ; il voyait en Dieu la source des droits qui lui arrivaient par la naissance. De son côté, le Souverain acceptait sa fonction comme un mandat. il régnait au nom du tout-puissant, en vertu d’une délégation officielle.

« Il y avait plus encore : un lien religieux se formait entre le Roi et son Royaume pour s’adjoindre à celui que le droit héréditaire avait déjà formé. Leur union devenait ainsi plus forte et plus féconde. Le roi appartenait à la France et la France appartenait au roi. Le Roi lui devait le service d’un Gouvernement ferme, sage et chrétien. La France lui donnait toute sa fidélité et son dévouement. L’Église en consacrant cette union lui donnait un nouveau droit au respect public, ceux qui auraient tenté de le rompre se seraient rendus coupables d’un sacrilège. Le sacre faisait du prince un homme ecclésiastique, sa souveraineté apparaissait comme une fonction sainte (49) ».

 

La ville du sacre

Grande entrée de Louis XVI à Reims

 

Couronnement d'Hugues Capet« Reims est la ville du Sacre. Voilà le grand fait qui s’impose ; c’est une mission que la Providence lui donne. Elle y est préparée par son histoire. Le baptême de Clovis l’a marquée pour cette fin. Hugues Capet y reçut l’onction royale… Quel chef-d’œuvre a germé de son sol sous l’influence des idées du Sacre ! Vous avez vu l’admirable Basilique de Sainte-Marie de Reims. C’est une épopée de pierre. Elle a pour elle la majesté, la grâce, l’harmonie et la force de résistance.

« La poussée vers le ciel de ses voûtes en fait un monument plus qu’humain. Elle est autre chose que l’Église-mère d’un vaste diocèse ; force est d’y reconnaître le Sanctuaire royal, la Basilique de la Monarchie Chrétienne… L’acte de foi en la Royauté de Jésus-Christ sur la France s’y affirme mieux qu’ailleurs… Notre-Dame de Reims est le témoin délicat et obstiné d’un passé glorieux ; elle est, en outre, le symbole prophétique de l’avenir. Saluons en elle le signe sensible de la France Chrétienne (50) ».

 

Incendie de Reims

19 septembre 1914. Un obus allemand atteint l’échafaudage qui ceinture la tour nord de la cathédrale de Reims. C’est le drame. L’édifice sacré où furent baptisés les rois de France s’embrase.

C’est précisément parce que la Basilique incarne toute notre Histoire, parce que tout cœur passionnément Français y respire toutes les vertus de la race, que l’Allemagne s’est acharnée, mais en vain, à faire disparaître ce monument, impérissable témoin de nos gloires passées et futures ! Les ruines se relèvent, seul l’Ange a perdu son merveilleux sourire comme pour rappeler aux Français la tristesse que lui cause le reniement de toutes leurs traditions. Mais le sourire refleurira sur ses lèvres… quand reviendront les Lys.

 

La cérémonie du sacre

Le Sacre du roi de France

Le Sacre du roi de France — enluminures du XIIIème siècle vers 1280 – BNF

 

Avant le Sacre, des prières publiques sont ordonnées dans le Royaume. Le Roi jeûne pendant trois jours et se confesse afin de communier à la Messe du Sacre. À l’Église, tous les Corps de l’État sont représentés.

« La France assiste au Sacre de son Roi. Elle a pleine conscience de ce qui se passe devant ses yeux. c’est Jésus-Christ qui va lui donner son souverain. Sa présence est un acte de foi qui s’élève jusqu’à Dieu, source du pouvoir dans les Sociétés… La France entière, roi et sujets, fait hommage d’elle-même à Dieu, Jésus-Christ. Tous communient à la même pensée catholique qui rayonne sur l’ordre politique et social. Les idées et les sentiments entraînent l’union des cœurs et des esprits. Cette union des âmes concourt nécessairement à l’unité Nationale (51) ».

 

Quelques-unes des prières et des formules du Sacre montreront l’importance de cette cérémonie et des serments qui y sont prononcés tant au point de vue National que Catholique, si tant est que l’on puisse séparer l’un de l’autre. À l’arrivée du Roi :

« Voilà que Je vais envoyer Mon Ange devant vous pour vous garder. Si vous écoutez Mes paroles et si vous les observez, Je serai l’ennemi de vos ennemis et J’affligerai ceux qui vous affligeront, et Mon Ange marchera devant vous (52) ».

 

Le Grand Prieur de Saint-Remy, en remettant la Sainte Ampoule au Prélat consécrateur :

« Monseigneur, je remets entre vos mains ce précieux trésor envoyé du Ciel au grand saint Remy, pour le sacre de Clovis et des Rois ses successeurs… »

 

L’oraison suivante est récitée par le Consécrateur :

« Prions. Dieu Tout Puissant et éternel qui par un effet de Votre bonté avez voulu que la race des Rois de France reçût l’onction sainte avec le baume qui est ici présent et que Vous avez envoyé du Ciel au saint Évêque Remy, faites que notre Roi, Votre Serviteur, ne s’écarte jamais de Votre service et qu’il soit délivré, par Votre miséricorde, de toute infirmité, par Notre-Seigneur ».

 

Puis le Roi prête les serments suivants :

« Je promets de conserver à chacun de vous (les Évêques), et aux Églises qui vous sont confiées, les privilèges canoniques, les droits et la juridiction dont vous jouissez, et de vous protéger et défendre autant que je le pourrai, avec le secours de Dieu, comme il est du devoir d’un Roi, dans son Royaume, de protéger chaque Évêque, et l’Église qui est commise à ses soins. »

 

Et après que le Peuple a accepté le Roi pour son Souverain, celui-ci la main sur l’Évangile :

« Je promets, au nom de Jésus-Christ, au Peuple Chrétien qui m’est soumis :

« Premièrement de faire conserver en tous temps à l’Église de Dieu, la paix par le peuple chrétien.

« D’empêcher les personnes de tous rangs de commettre des rapines et des iniquités de quelque nature qu’elles soient.

« De faire observer la justice et la miséricorde dans les jugements, afin que Dieu, qui est la source de la clémence et de la miséricorde, daigne la répandre sur moi et sur vous aussi.

« De m’appliquer sincèrement, et selon mon pouvoir, a expulser de toutes les terres soumises à ma domination les hérétiques nommément condamnés par l’Église.

« Je confirme par serment toutes les choses énoncées ci-dessus : Qu’ainsi Dieu et Ses Saints Évangiles me soient en aide (53) ».

Et Dom Besse de conclure :

« Le serment lie le souverain a Dieu dont il est le représentant sur terre. Dieu lui a donné le royaume ; il promet de le gouverner conformément a Ses volontés. il y a entre eux un contrat. L’Église en est le témoin ».

 

Après le serment, le Roi se

« prosterne tout de son long, les Évêques, le Clergé, tout le monde fléchit les genoux. Le spectacle est grandiose. C’est la France entière qui est là, suppliante. Le Ciel est entrouvert au-dessus de la Basilique. Dieu, entouré de la Cour de Ses Saints, contemple. Il bénit. C’est la France qu’il bénit en la personne de son Chef. Il lui donne tout ce qui peut rendre son Gouvernement prospère (54) ».

Le roi prosterné pendant les Litanies

Le roi prosterné pendant les Litanies

 

Puis, avant de procéder à l’onction sainte, le Prélat consécrateur remet l’épée entre les mains du Roi et dit :

« Prenez cette épée, qui vous est donnée avec la Bénédiction du Seigneur ; afin que par elle et par la force de l’Esprit Saint, vous puissiez résister à tous vos ennemis, et les surmonter, protéger et défendre la sainte Église, le Royaume qui vous est confié et le camp du Seigneur, par le secours de Jésus-Christ, le triomphateur invincible. Prenez, dis-je, de nos mains consacrées par l’autorité des saints Apôtres, cette épée dont nous vous avons ceint, ainsi qu’on en a ceint les rois, et qui, bénite par notre ministère, est destinée de Dieu pour la défense de Sa sainte Église. Souvenez-vous de celui dont le prophète Daniel a parlé ainsi dans ses psaumes : Ô vous qui êtes le fort d’Israël ! prenez votre épée et disposez-vous au combat ; afin que par son secours vous exerciez la justice, vous brisiez la mâchoire des injustes ; que vous protégiez et défendiez la sainte Église de Dieu et de Ses enfants ; que vous n’ayez pas moins d’horreur pour les ennemis secrets (55) du nom chrétien que pour ceux qui le sont ouvertement, et que vous travailliez à les perdre ; que vous protégiez avec bonté les veuves et les orphelins ; que vous répariez les désordres ; que vous conserviez ce qui a été établi ; que vous punissiez l’injustice ; que vous affermissiez tout ce qui a été mis dans l’ordre ; afin que, couvert de gloire par la pratique de toutes ces vertus et faisant régner la justice, vous méritiez de régner avec notre Sauveur, dont vous êtes l’image, et qui règne avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il ».

 

Et un peu plus loin, en ceignant le Roi de son épée :

« Passe le glaive autour de tes reins, ô très puissant, et souviens-toi que les saints ont vaincu les royaumes, non avec le glaive, mais avec leur foi… »

Puis :

« Seigneur, daignez le combler des bénédictions de Votre grâce spirituelle et revêtez-le de la plénitude de Votre puissance. Que la rosée du Ciel, la graisse de la terre, procure dans ses états une abondance de blé, de vin et d’huile, et que par Vos divines largesses la terre soit couverte de fruits pendant de longues années… afin que sous son règne les peuples jouissent de la santé. qu’il soit le plus puissant des rois… Que pour la suite des siècles, il naisse de lui des Successeurs à son trône ».

 

Procession de la Sainte Ampoule

Procession de la Sainte Ampoule

Ensuite a lieu la préparation du Saint Chrême, pendant laquelle le chœur chante les versets suivants par lesquels L’Église affirme que c’est le Saint-Esprit qui est venu en personne apporter le baume destiné au Sacre de nos Rois :

« Le bienheureux Remy, ayant pris de ce baume céleste, sanctifia d’une grâce sans fond la race illustre des Français en même temps que leur noble Roi et les enrichit de tous les dons du Saint-Esprit.

« Qui par l’effet d’une grâce singulière, apparut sous la forme d’une colombe et donna ce baume divin au pontife (56). »

 

Enfin a lieu le sacre proprement dit :

« Je vous sacre roi avec cette huile sanctifiée, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».

Pendant le sacre la prière suivante est récitée :

« …Qu’il réprime tous ses ennemis visibles et invisibles ; qu’il n’abandonne pas ses droits sur les royaumes des Saxons, des Merciens, des Peuples du Nord et des Cimbres ; qu’en inspirant à ces peuples des sentiments de paix, il change leurs cœurs et qu’il les rappelle à leur ancienne fidélité ; … que sa puissance inspire de la terreur aux infidèles… »

 

Puis le Prélat consécrateur remet au Roi la main de justice en disant :

« Recevez cette verge de vertu et d’équité : qu’elle vous serve à pacifier les pieux, et à terrifier les méchants, à mettre les errants dans le bon chemin, à corriger les orgueilleux et à relever les humbles ».

 

Ensuite, c’est le couronnement :

« Recevez la couronne de votre royaume, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».

« Comprenez qu’elle symbolise la gloire de la Sainteté, l’honneur et la force de la puissance. N’oubliez point que par elle, vous participez à notre ministère. Si nous sommes les Pasteurs et les Recteurs des âmes, chargés de leurs besoins intérieurs, soyez dans les choses extérieures le véritable serviteur de Dieu. Assistez vaillamment la sainte Église contre toutes les adversités : acquittez-vous utilement de la fonction royale, que vous avez reçue de Dieu et qui vous est remise par le ministère de notre bénédiction au nom des Apôtres et de tous les saints ».

« Qu’Il établisse autour de vous Ses bons anges pour vous garder, vous accompagner et vous suivre toujours et en tous lieux… Qu’Il tourne le cœur de vos ennemis vers la paix et la douceur, qu’Il couvre d’une confusion salutaire ceux qui vous persécuteraient et vous haïraient avec obstination… Qu’Il vous fasse toujours triompher de vos ennemis invisibles… »

 

Le couronnement du roi

Le couronnement du roi

Puis, s’adressant à Dieu :

« Soyez son aide et sa protection dans toutes les occasions, ainsi que de ceux en faveur de qui il vous implorera ».

 

Dom Besse écrit :

« On ne peut célébrer avec plus de force l’union des Représentants de l’Église et de celui qui personnifie l’État… L’Évêque en intronisant le Souverain dans l’Église, lui assigne sa fonction ecclésiastique. Il n’appartient pas au Clergé, mais le Sacre le met au-dessus des simples Fidèles ; sa place est entre la hiérarchie qui gouverne et la masse du Peuple Chrétien qui est gouvernée. on comprend dès lors les honneurs liturgiques décernés aux rois et le caractère religieux de leur autorité et aussi de leur personne… Le roi est un enfant privilégié de l’Église. Elle veut être pour lui une auxiliaire… (57) »

 

Nous ne pouvons passer sous silence ce que dit du Sacre de nos Rois l’un des Théologiens les plus estimés, Monseigneur Delassus.

« L’onction sainte donnait la personne du Roi à la France, de telle sorte que le roi appartenait plus au pays qu’il ne s’appartenait à lui-même. Après les états de l’Église, c’est en France que la royauté était la plus dégagée des liens terrestres, la plus spiritualisée, peut-on dire, le roi était plus véritablement le père de son peuple que de ses propres enfants. Il devait sacrifier ceux-ci à celui-là ; et il savait le faire, comme les tables de marbre de Versailles en font foi. Ou plutôt ses enfants n’étaient plus à lui, c’étaient les « fils de France ».

« L’onction sainte donnait au roi un certain caractère de sainteté (58), non point de cette sainteté qui rend l’homme capable de voir Dieu tel qu’Il est dans les splendeurs éternelles, mais de celle qui établit des rapports particuliers entre Dieu et telle ou telle de Ses créatures, c’est saint Thomas d’Aquin qui les a qualifiées de ce nom : sainteté. Et il donne en preuve de leur existence ce qui s’est passé au Baptême de Clovis et ce que Dieu a renouvelé de siècle en siècle jusqu’à nos jours (59) ».

 

L’éminent théologien ajoute :

« Le sacre de ses rois a longtemps été un privilège réservé à la France. Aucun empereur romain, ni Constantin, ni Théodose n’avait demandé à l’Église de consécration religieuse. Quand le moment vint où la Providence voulut avoir en France des rois protecteurs du Saint-Siège et propagateurs de la Foi catholique, saint Remy, comme un nouveau Samuel, donna l’onction sainte au fondateur de la monarchie française. »

 

Ce ne fut que bien plus tard que l’Espagne voulut avoir, elle aussi, un roi oint de l’Huile sainte. L’Angleterre, puis les autres nations de l’Europe, exprimèrent ensuite le même désir.

Mais le sacre des rois de France a conservé un cérémonial particulier…

« Le roi de France était sacré avec le Saint Chrême, la plus noble des Huiles Saintes, celle qui est employée au sacre des évêques (auquel on mélangeait une parcelle de l’huile apportée du Ciel par le Saint-Esprit et conservée dans la Sainte Ampoule). Lorsque d’autres rois demandèrent à l’Église de les sacrer eux aussi, elle ne voulut leur appliquer que l’huile des catéchumènes.

« Le roi était oint à la tête d’abord, comme l’évêque, pour montrer que de même que l’évêque a la première dignité dans le clergé, le roi de France avait la prééminence sur tous les souverains… (60) »

Saint Remy reçoit la Sainte Ampoule

Saint Remy reçoit la Sainte Ampoule

 

Les prières suivantes compléteront bien l’idée que les Français doivent se faire du sacre de leurs Rois :

« Qu’il soit honoré plus que les rois des autres nations : qu’il règne heureusement sur ses peuples : que les nations le comblent de louanges et célèbrent toute sa magnanimité ».

« Bénissez, Seigneur, la force de notre Prince et coopérez à toutes ses œuvres ; et que par Votre bénédiction le pays de sa domination soit rempli des fruits de la terre, des fruits du ciel, de la rosée des vallées, des fruits du soleil et de la lune, de ceux du haut des montagnes et des collines éternelles ; de ceux que la terre donne en abondance de son sein… »

 

Et celle-ci que récite le prélat consécrateur, après avoir conduit le Roi sur son trône et en le tenant par le bras droit :

« Tenez-vous debout et restez ainsi jusqu’à ce que vous teniez la succession paternelle qui vous est déléguée en vertu du droit héréditaire, par l’autorité du Dieu tout-puissant et dont nous vous mettons en possession, nous et tous les Évêques et tous les serviteurs de Dieu ; et comme vous voyez le clergé plus près des saints autels que le reste des fidèles, plus vous devez avoir attention a le maintenir dans la place la plus honorable, et en tous lieux convenables, afin que le médiateur de Dieu et des hommes vous établisse le médiateur du clergé et du peuple ».

 

Le Roi s’assied sur son trône et cette dernière :

« Prions : Dieu, Auteur ineffable du monde, créateur du genre humain, qui consolidez les trônes, qui avez choisi dès le sein de Votre fidèle ami, notre Patriarche Abraham, le Roi qui devait venir dans la suite des siècles, par l’intercession de la bienheureuse Marie toujours vierge et de tous les saints, enrichissez de Votre féconde bénédiction ce Roi insigne et son armée ; fixez-le sur son trône inébranlablement, visitez-le, comme Vous avez visité Moïse dans le buisson ardent… répandez sur lui cette bénédiction céleste et cette rosée de sagesse que le bienheureux David reçut… soyez-lui contre l’armée de ses ennemis une cuirasse, un casque qui le garantisse de l’adversité, la sagesse qui le modère dans la prospérité, le bouclier qui le protège sans cesse. Faites que ses peuples lui restent fidèles, que les grands vivent en paix, qu’ils s’attachent à la charité et s’éloignent de la cupidité, qu’ils observent la justice et la vérité dans leurs discours. Que ce peuple, chargé de la bénédiction éternelle, se multiplie sous son gouvernement. Que tous tressaillent dans la paix et la victoire. Que Celui qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint Esprit, Dieu, dans tous les siècles des siècles, daigne nous exaucer. Ainsi soit-il ».

 

À la fin du sacre l’Officiant s’écrie :

Vivat rex in æternum !

Vive le roi pour l’éternité !

 

 

 

« La messe continue. Le Roi fait la Sainte-Communion (61). Il s’associe de la sorte au Sacrifice Eucharistique. Ses énergies divines descendent en son âme et le pénètrent tout entier pour confirmer l’œuvre Sainte qui vient de s’accomplir. Quand l’office liturgique est terminé, les Évêques laissent le Roi au peuple. Il lui appartient sans réserve (62) et c’est pour faire des miracles en sa faveur. Alors la Basilique résonne des ovations de ceux qui ont le bonheur d’assister à cette grandiose cérémonie ; les cloches mêlent leurs joyeux sons à l’enthousiasme général et le peuple, dehors, ne cesse d’acclamer son Roi au cri mille fois répété par nos Pères et que bientôt, espérons-le, nous crierons, nous aussi :

Noël ! Noël ! Vive le Roi ! Noël ! Noël !

 

 

Après le festin royal, le Roi, accompagné de la Reine, se promène sans garde au milieu de son peuple et s’entretient avec les uns et les autres, comme un père au milieu de ses enfants ; le peuple peut l’approcher, lui parler sans protocole.

Ainsi, à chaque changement de règne, à chaque sacre, la France demandait à Dieu, et l’Église ratifiait sa demande, si le Roi, qu’Elle reconnaissait l’aîné de tous les Princes de la terre, et le peuple, restaient fidèles à leur mission privilégiée de Protecteurs de l’Église : la bénédiction et le secours divins ; des Héritiers pour la Couronne ; une population toujours plus nombreuse et forte ; la force pour l’Armée ; la victoire, en cas de guerre ; la prospérité dans la paix ; la justice, la charité, la concorde entre tous ; l’abondance de tous les biens.

Aussi, la Protection Divine était-elle manifeste et toujours plus abondante sur la France que sur les autres Peuples. On ne connaissait ni la haine entre citoyens, ni la crise de la natalité, ni la dégénérescence de la race, ni la pauvreté, ni la famine, etc… Toutes ces malédictions s’abattaient sur notre Pays, s’il venait à s’écarter de la route à lui tracée par Dieu Lui-même pour l’expiation de ses péchés.

Dans tous les domaines, la France l’emportait sur les autres Empires.

C’est qu’alors, Roi et Peuple demandaient leur pain quotidien au Dieu Tout-Puissant. Comme ils cherchaient d’abord le royaume de Dieu, Dieu leur donnait tout le reste par surcroît.

 

LES MIRACLES DES ROIS DE FRANCE

 

LA GUÉRISON DES ÉCROUELLES

Saint-Louis guérissant les écrouelles, Le roi te touche, Dieu te guérit...

Illustration de Saint-Louis guérissant les écrouelles : « Le roi te touche, Dieu te guérit ».

 

Les marques de la faveur divine ne s’arrêtèrent pas là ; à tant de miracles, Dieu en ajouta un qu’Il accorda à tous les Rois de France : le pouvoir de guérir miraculeusement les écrouelles.

Comme le montre très bien Claude de Seyssel, Archevêque de Turin, ce privilège n’est pas accordé à tel ou tel de nos Rois à titre personnel, mais exclusivement à la fonction de Roi de France, quel qu’en soit le détenteur, dès qu’il est l’héritier légitime de la couronne et qu’il a été sacré.

« Quant à l’origine de ce don, écrit M. Frantz Funck-Brentano, d’après la croyance générale, dont on trouve trace jusque dans les écrits de saint Thomas d’Aquin (63), elle se serait également rattachée à l’onction par la Sainte Ampoule (64) ».

 

Certains auteurs la font remonter à « Saint Marcoul » (65).

Ce miracle n’était possible au Roi qu’autant qu’Il était en état de grâce et venait de recevoir la Sainte Communion. Le Roi touchait les malades, puis les embrassait, en disant :

« Dieu te guérisse, le roi te touche ».

 

 

Non seulement nos Rois pouvaient accomplir ce miracle en France, mais encore à l’étranger ; c’est ainsi que l’on vit Jean II, après la bataille de Poitiers, prisonnier à Londres, et François Ier, après Pavie, à Madrid, guérir « bien des malheureux atteints de semblables maladies (66) ».

« Marie-Thérèse, la femme de Louis XIV, avait fait disposer une maison à Poissy où étaient reçus et logés les malheureux qui venaient souvent de contrées lointaines afin de se faire toucher par le Roi : ils y attendaient le jour fixé pour la cérémonie ».

 

On cite même des Jésuites qui furent envoyés de Portugal, d’Espagne, etc. , dans notre pays par leur Compagnie, pour être guéris par le Roi de France.

Les derniers miracles, enregistrés avec le plus grand soin, se produisirent au sacre de Charles X en 1825 (67).

Dans la Revue de Philosophie (68), le Docteur Robert Van der Elst, dans la magistrale critique qu’il fait du livre de M. Bloch, Les Rois Thaumaturges, affirme la guérison des écrouelles et conclut :

« Le fait ne s’explique donc que par une cause transcendante. Et cette cause, c’est la prédilection marquée par Dieu envers la Dynastie des Rois de France. Est-ce parce qu’ils sont Rois ? Non, certes, car les Rois des autres Pays ne sont pas favorisés du même prestige. Est-ce parce qu’ils sont saints ? Non, pas davantage, car ils le sont très inégalement et quelques-uns ne le sont pas. Qu’y a-t-il donc en eux qui justifie cette sorte d’alliance entre leur race et Dieu ? Eh ! précisément la vocation de leur règne ! Ils sont Rois pour concourir au règne de Dieu. Ils sont de la race élue pour cette fonction, ils reçoivent ce privilège à la façon d’une grâce, sans doute imméritée comme toute grâce, mais motivée par leur devoir sur le sens duquel le peuple est ainsi renseigné. C’est ce que rappelle le traité de Regimine Principum, commencé par saint Thomas, achevé sans doute par le docte Tolomée, imbu, quoi qu’il en soit, de la pensée de l’Ange de l’École. De ce point de vue, pour l’esprit humain affamé de justes rapports et non de probabilités, indéfiniment discutables, une claire relation s’établit entre deux ordres de faits inégalement patents : d’une part la destinée de la France, surnaturellement soumise, dans l’intention de Clovis, aux fins de l’Église et parfois honorée, comme au temps de Jeanne d’Arc, d’une libération miraculeuse ; d’autre part le privilège des Rois qui n’est qu’un moyen de leur influence et un motif de leur confiance en Dieu, subordonnées elles-mêmes aux fins que ce privilège signifie ».

 

Au surplus, ces miracles sont attestés dans la bulle de canonisation de saint Louis (11 août 1297) ; le Souverain Pontife, Boniface VIII, prend soin de distinguer les miracles que faisait le saint Roi en vertu de sa sainteté et ceux qu’il faisait de par sa dignité de Roi de France, la guérison des écrouelles ; et Benoît XIV écrit :

« Citons, par exemple, le privilège qu’ont les Rois de France de guérir les écrouelles, non par une vertu qui leur est innée, mais par une grâce qui leur a été accordée gratuitement soit lorsque Clovis embrassa la foi, soit lorsque saint Marcoul l’obtint de Dieu pour tous les Rois de France (69) ».

 

Enfin, saint François de Sales, dans ses Controverses pour convertir les Protestants, s’appuie, entre autres miracles certains, indubitables sur ceux que faisaient les Rois de France pour montrer que la « vraye Eglise doit reluire en miracles » et que l’Église catholique romaine est la seule vraie parce qu’elle seule jouit du miracle. Il écrit :

« Le bon père Louys de Grenade, en son Introduction sur le Symbole (70) récite plusieurs «miracles récens et irréprochables. Entre autres, il produit la guérison que les Roys de France catholiques ont faict, de nostre aage mesme, de l’incurable maladie des écrouelles, ne disant autre que ces paroles : Dieu te guérit, le Roy te touche n’y employant autre disposition que de se confesser et communier ce jour-là (71) ».

 

Ces deux seules conditions mises par Dieu s’expliquent :

Sans l’état de grâce, l’âme étant éloignée de Son Créateur est hors d’état de pouvoir faire aucun bien, à plus forte raison un miracle.

N’est-il pas logique aussi que la Communion soit nécessaire dans une œuvre de charité et d’amour comme la guérison de malades incurables. Le Christ n’est-Il pas la source de tout amour et de toute charité, et la Communion n’est-elle pas le moyen par lequel Il se donne et nous nous donnons à Lui pour qu’Il vive en nous. Quoi d’étonnant alors qu’au moment où Il vit réellement dans le cœur du Roi, Son Oint et Son Représentant dans l’ordre temporel, Il accomplisse des miracles par son bras ?

Ainsi, Dieu a voulu orner le front de nos Rois d’un rayon de Sa Puissance, et Il a choisi l’un des plus beaux : celui du miracle source de la santé, c’est-à-dire du bien le plus précieux à l’homme après la foi. Comme s’Il avait voulu montrer à notre France qu’elle ne recouvrera sa force et sa santé que par son retour aux traditions monarchiques, qui ont assuré sa gloire et sa prospérité dans le passé. Privilège unique dans sa permanence puisqu’il ne dépend que du Roi une fois sacré d’en prodiguer sans cesse les effets.

Dans le même ouvrage saint François de Sales s’appuie sur le miracle pour prouver la divinité de l’Église (72).

« Dieu donnait témoignages à la foy qu’il annonçait par miracles. Dieu mit en mains de Moyse ces instruments afin qu’il fust creu (Exod. IV) dont Notre-Seigneur dit que s’il n’eus faict des miracles, les Juifs n’eussent pas été obligés de Le croire. (Jean. XV, 24).

«… Pour vray ce que nous avons toujours veu, en toutes sortes de saisons, accompagner l’Eglise, nous ne pouvons que nous ne l’appelions propriété de l’Eglise ; la vraye Eglise doncques fait paraître sa sainteté par miracles… »

« L’Eglise a toujours été accompagnée de miracles solides et bien assurés, comme ceux de son Espoux, doncques c’est la vraye Eglise car me servant en cas pareil de la rayson du bon Nicodème (Jean, III, 2) je diray : nulla societas potuit facere quae haec facit, tam illustria aut tam constanter, nisi Dominus fuerit cum illa (73)… « ainsy oyant qu’en l’Eglise se font de si solemnelz miracles, il faut conclure que vere Dominus est in loco isto (74). (Gen. XXVIII, 16)… La nostre doncques seule est la vraye Eglise ».

 

Ce raisonnement irréfutable s’applique rigoureusement aussi à la Royauté Française. Il s’ensuit donc qu’en France le seul régime politique voulu par Dieu est la royauté, puisque, seule, elle a été établie miraculeusement et qu’au cours des âges, elle a toujours joui de privilèges miraculeux, a elle seule accordes par Dieu. Les autres régimes sont donc seulement permis par Dieu pour le châtiment des fautes de notre pays. Que si ces autres formes de gouvernement prétendent à la légitimité, avec saint François de Sales on leur « imposera silence avec ces saintes paroles : si filii Abrahae estis, opera Abrahae facite ! » (75) (Jean VIII, 39).

Et saint Francois de Sales ajoute pour nous obliger à croire, sous peine de péché, à la vérité de ce qui repose sur le miracle (76) :

« Si Nostre Seigneur n’eust faist tant de miracles on n’eust pas péché de ne le croire pas… Saint Pol témoigne que Dieu confirmait la foy par miracle (Heb. II, V. 4) doncques le miracle est une juste rayson de croire, une juste preuve de la foy, et un argument pregnant pour persuader les hommes à créance ; car si ainsy n’estait, nostre Dieu ne s’en fut pas servi.

« Là où il plaict à la bonté de Dieu d’en fayre pour confirmation de quelque article, nous sommes obligés de le croire. Car, ou le miracle est une juste persuasion et confirmation ou non – si c’est une juste persuasion, doncques en quel temps qu’ils se fassent ils nous obligent à les prendre pour une très ferme rayson, aussy le sont-ils. Tu es Deus qui facis mirabilia (77), dict David (Ps. LXXVI, 14) au Dieu tout puissant, doncques ce qui est confirmé par miracles est confirmé de la part de Dieu ; or Dieu ne peut estre autheur ni confirmateur du mensonge, ce doncques qui est confirmé par miracles ne peut être mensonge, ainsi pure vérité ».

 

La royauté est donc bien la seule vérité politique en France.

 

LE JEUDI SAINT DES ROIS DE FRANCE

Saint Louis lavant les pieds des pauvres

Saint Louis lavant les pieds des pauvres (manuscrit du XVe siècle)

 

Pour montrer à quel point l’institution monarchique en France était chrétienne, qu’il nous soit permis de rappeler les cérémonies qui avaient lieu chaque année à la Cour le Jeudi Saint. Nous emprunterons son récit à M. Paul Gruyer (78) :

« C’est le pieux Roi Robert qui, aux lointains alentours de l’an mil, institua l’usage par les Rois de France de laver les pieds des pauvres le Jeudi Saint de chaque année et de célébrer la Cène en leur honneur. Cette coutume qui courbait devant des malheureux la Majesté Royale, avait été pratiquée déjà par les Empereurs Grecs de Byzance, et c’est de là qu’elle était venue en Europe.

« Le nombre des pauvres amenés au palais pour cette cérémonie fut d’abord illimité. Il se réduisit par la suite et au début du XVIIè siècle, Henri IV régnant, il avait été définitivement fixé à treize garçons ou fillettes (79), ce nombre symbolisant Jésus-Christ et les douze Apôtres. Si le Roi était empêché, le Dauphin le remplaçait…

«… On les assied le long d’un banc, le dos tourné contre la table où le Roi les doit servir, et le visage vers la chaire où le Grand Aumônier, ou autre Prélat qui a été choisi, doit faire l’exhortation. Celle-ci terminée, on chante le Miserere, puis le Roi s’avance vers les Enfants et prosterné à deux genoux, il commence à laver le pied droit au premier, et le baise, et ainsi continue aux autres… Les enfants passent ensuite avec leur banc de l’autre côté de la table où ils sont servis par le Roi chacun de treize plats de bois, les uns pleins de légumes, les autres de poisson, et d’une petite cruche pleine de vin sur laquelle on met trois pains ou échaudés. Puis le Roi passe au cou à chacun d’eux une bourse de cuir rouge dans laquelle il y a treize écus d’or, laquelle est présentée à sa Majesté par le Trésorier des Aumôniers.

« Ce sont toujours comme par le passé, les Princes du sang royal ou autres Princes et Nobles qui tendent les plats au Roi…

« Derrière les Enfants, il y a un Aumônier servant qui prend tous les plats sitôt que le Roi les a mis sur la table, et les remet dans des paniers ou corbeilles, qui sont tenus par les Pères et Mères ou Parents des enfants, auxquels le tout appartient.

« Finalement, le Roi se rend à la Messe avec une grande suite et à l’issue, avec un cierge blanc en main, suivi des mêmes Princes et Seigneurs, il accompagne le Saint-Sacrement depuis l’autel où la Messe a été dite, jusque dans un oratoire qu’on lui a préparé, où il est posé en grande dévotion.

«… Une cérémonie parallèle se déroula jusqu’à la Révolution, également dans les grands appartements de la Reine. Elle aussi y servait les petits pauvres, assistée par les Princesses de la Famille Royale et par des Duchesses qui lui tendaient les plats ».

 

Quel magnifique exemple chrétien donnait ainsi le Roi de France.

Ajoutons que saint Louis, tous les vendredis, accomplissait ce geste qui grandissait la majesté royale et que bien souvent, au cours de sa sortie matinale quand il rencontrait des pauvres, il ne manquait pas de les ramener au palais royal où lui-même tenait à les servir à table, voyant en chacun d’eux un membre souffrant de Jésus-Christ.

Saint Louis : Repas des pauvres

Saint Louis : Repas des pauvres

On comprend que devant de pareils faits

« l’Église ait encouragé dès avant le XIIIè siècle, et à Rome même, la prière pour le Roi de France.

« À Saint-Louis-des-Français, on lit sur chacun des piliers, qui font face à la porte d’entrée : Quiconque prie pour le Roi de France gagne dix jours d’indulgences accordés par le Pape Innocent IV (80) ».

Inscriptions et indulgences existent encore.

 

LE ROI PÈRE DE LA FRANCE ET DE TOUS SES SUJETS

Louis XII Père du peuple

Louis XII surnommé « Père du peuple »

 

La Famille est d’institution divine et est la cellule sur laquelle repose la société tout entière. Monseigneur Delassus dans son admirable ouvrage L’Esprit Familial démontre cette vérité à tous les échelons de la société humaine : famille, corporation, cité, État. Il prouve que toutes les institutions qui s’appuient sur la famille et la favorisent sont dans l’ordre naturel, c’est-à-dire dans l’ordre voulu par Dieu et qu’au contraire toutes celles qui combattent la famille ou simplement ne reposent pas sur elle sont vouées à la disparition parce que contraires à la loi naturelle et donc à la volonté divine.

« Si les peuples, écrit-il, ne sont construits que de familles vivantes et si les lois imposées par Dieu à la famille doivent être les lois de toute société, il est nécessaire que les États reproduisent en eux quelque chose du type primitif (81) ».

 

C’est pourquoi la Royauté est le régime normal parce qu’elle a pour base la famille et ne se perpétue que par la famille ; elle repose donc sur la loi naturelle et est donc dans l’ordre voulu par Dieu.

« La Patrie, ce fut à l’origine le territoire de la famille, la terre du père. Le mot s’étendit à la seigneurie, et au royaume entier, le Roi étant le Père du peuple. L’ensemble des territoires sur lesquels s’exerçait l’autorité du Roi s’appelait donc « Patrie » (82).

 

Dom Besse remarque que les Monarchies chrétiennes de l’Europe, sont toutes l’œuvre d’une famille.

« Cette famille est aimée et respectée comme la première du pays. Elle personnifie ses traditions et ses gloires. Sa prospérité et celle du pays n’en font qu’une. Elle porte en elle les espérances de l’avenir. Tous le savent et vivent en paix (83) ».

Mais alors que la France, l’Allemagne et l’Italie sont toutes trois issues du démembrement de l’Empire de Charlemagne, il convient de remarquer que tandis qu’il fallut dix siècles aux deux dernières pour parvenir à leur unité, la France prit immédiatement figure de nation.

 

À quoi notre pays dut-il ce privilège ?

À la Loi Salique et au mariage qu’il avait contracté de par la grâce et la volonté divines avec sa dynastie. Aucune autre Maison Royale ne poussa aussi loin le respect de l’esprit familial, et c’est ce qui fit sa force.

Renan lui-même le reconnaît :

« À toute nationalité correspond une dynastie en laquelle s’incarne le génie et les intérêts de la nation ; une conscience nationale n’est fixe et ferme que quand elle a contracté un mariage indissoluble avec une famille qui s’engage par le contrat à n’avoir aucun intérêt distinct de celui de la Nation. Jamais cette identification ne fut aussi parfaite qu’entre la maison capétienne et la France. Ce fut plus qu’une royauté, ce fut un sacerdoce (84) ».

régulièrement à son Père

Mais aussi, Dieu bénit manifestement la Famille de nos Rois :

« C’est Dieu en effet, dans ses desseins sur la France, qui a permis que dans cette grande lignée capétienne, où l’on ne compte pas pendant plus de trois siècles un seul prince adultérin, l’héritier direct ne manquât jamais au trône, en sorte que l’on a vu sans interruption, depuis Hugues Capet jusqu’à Philippe le Long, le Fils aîné du Roi défunt succéder régulièrement à son Père (85) ».

 

C’est l’esprit familial de nos Rois qui présida à la formation de l’unité territoriale de la France :

« Le principe de la Monarchie française était que rien de ce qui avait fait partie à l’origine ou avait été comme on disait du domaine de la couronne ne pouvait être aliéné. Lorsque, par droit d’héritage féodal, partage successoral ou constitution d’apanage, une province est distraite du domaine royal, elle ne cesse point pour cela de faire partie intégrante de la monarchie et, quelque jour à venir, elle fera retour au domaine inaliénable de la couronne. Or, les juristes et les conseillers de nos Rois soutiennent sans admettre la discussion, que le fondateur de la Monarchie Française, le Franc Clovis, régna sur toute la Gaule et que toutes les terres qui avaient fait, partie du Regnum Francorurn de Clovis doivent en droit faire retour à la Couronne (86) »

parce que c’était la terre des Pères.

 

Or, Clovis régnait sur un territoire limité par le Rhin, le Jura, les Alpes et les Pyrénées. Il s’en suit donc qu’après les grands partages du Traité de Verdun entre les petits-fils de Charlemagne, nos Rois ne vont jamais cesser de tendre à se rapprocher de la frontière naturelle et à reprendre province à province la « Terre des Pères » et c’est par la famille qu’ils y parviendront. Dieu a permis en effet que les détenteurs de ces provinces les uns après les autres n’eussent plus d’héritiers mâles, et que leurs filles fussent demandées en mariage par les Fils de nos Rois.

Aussi, de Lionne remarque-t-il dans ses instructions au baron de Boisnebourg (7 juin 1659) que la France n’a jamais « rien retenu au seul titre de conquêtes et si elle a eu parfois quelques avantages, ç’a a été à des choses qui se trouvaient d’ailleurs appartenir à nos Rois, par succession, confiscation, échange ou même achat ».

C’est qu’en effet, le Roi, en bon Père de Famille, ne veut arrondir son domaine que par des moyens honnêtes. Les instructions que donne le Cardinal de Richelieu à ce sujet sont admirables et méritent d’être citées. Il veut une « paix sûre, juste et raisonnable. On veut traiter de bonne foi et sans prétendre autre avantage que ce que la raison doit accorder à un chacun », écrit-il à son agent en Espagne, Pujol, le 8 novembre 1637. Le Grand Cardinal s’inspire des mémoires que les juristes de la Couronne, les Godefroy, les Dupuy, les Lebrait, les Delorme et autres ont établis. Il les fait contrôler par des docteurs en théologie pour savoir s’ils sont vrais « au point de vue de la conscience ».

Pour prendre un territoire comme un particulier pour revendiquer un bien, le Prince doit invoquer des titres légitimes. Aussi réprouve-t-il toute conquête qu’il considère comme un acte violent et injuste et il se refuse à conseiller à son Maître des procédés que la conscience, l’honneur du Roi, la dignité et l’intérêt de l’État interdisent (87).

Tels furent les principes que les Rois de France s’efforcèrent toujours de faire triompher dans les relations internationales, afin que la justice fût satisfaite, parce que la justice, seule, respectant l’ordre voulu par Dieu, peut, seule, assurer la paix, l’apaisement des passions et la prospérité générale.

Quelle magnifique leçon de droiture et d’honnêteté ! Comme le monde a besoin que le Roi de France vienne rétablir « le règne de Dieu afin que tout le reste lui soit donné par surcroît ».

C’est l’esprit familial, également, qui présidait aux rapports du Roi et de ses sujets. Le gouvernement royal avait conservé le caractère familial. L’autorité du Roi était à peu près celle du Père de Famille. Comme le Père de famille, il était la source de toute justice : « Summun justitiæ caput » écrit Fulbert de Chartres au XIè siècle.

Il traitait ses sujets avec une entière familiarité, se promenait à pied, sans escorte dans les rues de Paris, comme le Père au milieu de ses enfants. Chacun l’abordait, lui parlait. Son palais était ouvert à tout venant. Il mangeait devant ses sujets, en famille. Car, écrit Lacatelle, en 1665, « Le Roi veut que ses sujets entrent librement ».

« Nommer le Roi Père du Peuple, dit La Bruyère, c’est moins faire son éloge que sa définition ».

 

La Famille Royale ne s’appartenait pas, elle appartenait à la France et la France prenait part intensément à tous les événements heureux ou douloureux de la Maison de France ; pour tout le Pays, c’étaient des événements de famille. Une naissance était-elle attendue, la Reine devait accoucher en public. Dès le XIIè siècle à la naissance de Philippe-Auguste, le 21 avril 1165, des scènes d’amour délirant se produisent, la maison du Roi est entourée, envahie « de palatins, de bourgeois qui attendent fiévreusement la délivrance de la Reine. C’est un fils ! La Reine pleure de joie ; la nouvelle vole de bouche en bouche ; elle court d’une extrémité de la France à l’autre avec une rapidité surprenante : Paris s’éveille dans la joie ; les rues et les places s’illuminent. Les trompettes retentissent au coin des carrefours ; les cloches sonnent à toute volée.

Un Anglais, Géraug de Barri, réveillé par la joie populaire, écrit :

« Je saute de mon lit, je cours à la fenêtre et j’aperçois deux pauvres vieilles qui, portant chacune un cierge allumé, gesticulaient et couraient comme des folles. Je leur demande ce qu’elles ont :

« Nous avons un Roi que Dieu nous a donné répond l’une d’elles ; un superbe héritier royal par la main de qui votre roi à vous recevra un jour honte et malheur (88) ».

 

Les Princes de la Maison Royale savaient mourir pour défendre la France. Les tables de marbre de Versailles en font foi : plus de trente d’entre eux furent tués, sans compter tous ceux qui, blessés, versèrent leur sang généreux.

Il est un fait unique dans les annales de l’Histoire. Alors qu’en Angleterre, les Plantagenets, les Tudor, les Lancastre, les Hanovre, etc. … ; en Allemagne, les Hohenstanffen, les Habsbourg, les Lorraine, les Hohenzollern … ; en Autriche, les Habsbourg et les Lorraine ; en Espagne, les Habsbourg et les Bourbons ; en Italie, de nombreux princes et notamment les Bourbons et les Savoie ; en Russie, les Romanoff…. etc. , régnèrent sans jamais adopter le nom du pays, en France le premier de nos Rois a donné le nom de sa race à la France et la France à son tour a donné le sien à notre Famille Royale en signe d’union indissoluble : nos Rois sont tous de la Maison de France, et alors même que cette Famille ne règne plus sur la Patrie, elle demeure et demeurera toujours la Maison de France et l’histoire a montré que la séparation momentanée entre les deux conjoints avait des conséquences désastreuses pour le Pays.

C’est que Dieu avait choisi de toute éternité la race royale des Francs pour la faire régner jusqu’à la fin des temps sur la France et que cette séparation est contraire à la volonté divine.

Jamais aucune Maison Souveraine n’a été passionnément aimée par son peuple comme l’a été la Maison de France, mais aussi, aucune n’a été digne et n’a mérité de l’être comme elle.

Michelet lui-même le constate, qui écrit :

« Des entrailles de la France sort un cri tendre, d’accent profond : « Mon Roi ! »

 

Et Tocqueville dit très justement :

« La nation avait pour le Roi tout à la fois la tendresse qu’on a pour un Père et le respect qu’on ne doit qu’à Dieu ! »

 

M. F. Funck-Brentano a montré à quel point était demeuré vivant dans le cœur des Français l’amour du Roi lors de la Révolution :

« Issu du Père de Famille, le Roi était demeuré dans l’âme populaire, instinctivement et sans qu’elle s’en rendît compte, le Père auprès duquel on cherche soutien et abri. Vers lui, à travers les siècles s’étaient portés les regards dans les moments de détresse ou de besoin. Et voici que brusquement, par le violent contrecoup de la prise de la Bastille, cette grande autorité paternelle est renversée. Et c’est parmi le peuple de France un malaise, un effroi vague, irréfléchi.

« Oh, les rumeurs sinistres ! les brigands !… Et le Père n’est plus là !

« La «Grande Peur» est la dernière page de l’histoire de la Royauté en France. Il n’en est pas de plus touchante, de plus glorieuse pour elle, il n’en est pas où apparaisse mieux le caractère des relations qui, traditionnellement, naturellement, s’étaient établies entre le Roi et le pays (89) ».

 

L’idée paternelle que l’on se faisait de la Monarchie avant la Révolution ne serait pas complète si nous ne rappelions la sublime page de dévouement des « otages de Louis XVI » (90). Après le retour de Varennes, nombre de royalistes sentirent planer la menace de mort sur le Roi ; l’un d’eux, Farmain de Rozoi, lança un admirable appel demandant que les vrais royalistes s’offrissent en otage à la place du Roi.

L’appel fut entendu : de tous les points du Pays et de toutes les classes de la nation parvinrent des adhésions enthousiastes et d’autant plus méritoires que chacun de ceux qui répondait se désignait aux représailles des révolutionnaires. Les hommes se proposèrent comme otages du Roi ! ; les femmes, de la Reine. Nous citerons seulement deux de ces réponses particulièrement touchantes :

« Je suis pauvre, écrit un paysan de Vaas près Château-du-Loir, si l’on ne me juge pas indigne d’un tel honneur, j’irai prendre les fers (à la place du Roi) ; et si je n’ai point assez d’argent, je vendrai mes boucles, ma montre pour subvenir aux frais du voyage ».

« Je ne suis point aristocrate, déclare une simple fille de la campagne, mais je suis jeune et sensible et les malheurs de Louis déchirent mon cœur. S’il est condamné, s’il doit périr, je m’offre comme victime à sa place. Julie ».

Le voilà le vrai cœur de la France.

 

LE CHRIST CLEF DE VOÛTE DE L’ANCIENNE FRANCE

Christ-Roi

ET ROI UNIVERSEL DES SIÈCLES ET DE L’ÉTERNITÉ

 

Nous venons de voir que le Roi, représentant de Dieu sur la terre, et le gouvernement Royal, avaient pour base l’autorité religieuse et familiale. Deux autres exemples montrent que toute la vie de l’ancienne France reposait sur la religion du Christ : la Chevalerie et les Corporations.

Le jeune Chevalier, avant que d’être armé, devait jeûner et passer une nuit en prières devant le Tabernacle, puis se confesser et communier. Il jurait solennellement alors, devant le Saint Sacrement, de défendre l’Église, son Roi, le faible, le pauvre, la veuve, l’orphelin et d’être toujours courageux, loyal et généreux.

Quant aux Corporations de Métiers, elles trouvent, le plus souvent, leur origine dans l’hommage fait à Dieu, et chacune d’elles tient à l’honneur de vénérer son Saint Patron (91).

De même que le Christ est Roi de France, il est le Chef suprême de la Chevalerie et des Corporations.

Le roi, la noblesse, le peuple, tous reconnaissent la royauté du Christ qui est en toute vérité la clef de voûte de l’ancienne France.

C’est ce qu’affirmait le plus grand Évêque du XIXè siècle, le Cardinal Pie, quand il écrivait justement :

« Jésus-Christ, c’est la pierre angulaire de notre Pays, la récapitulation de notre Pays, le sommaire de notre Histoire ; Jésus-Christ, c’est tout notre avenir ». (t. X. p. 493).

 

Aussi fut-ce pour tous les Catholiques du monde mais plus spécialement pour les Français une grande joie et une immense espérance, au milieu des douleurs présentes, de voir le Pape Pie XI, dont ce sera le plus beau titre de gloire, proclamer la Royauté Universelle du Christ et instituer la Fête annuelle du Christ-Roi. Elle sera la source d’inéluctables bénédictions sur le monde et, tout particulièrement sur la France, qui a été la première à promouvoir le grand mouvement (92) dont l’encyclique Quas Primas a été le magnifique couronnement ; sur cette France dont le Christ disait à Marie Lataste, le 28 novembre 1843 (93) :

« Le Premier Roi, le premier Souverain de la France, c’est Moi.

« Je suis le Maître de tous les peuples, de toutes les nations, de tous les royaumes, de tous les empires, de toutes les dominations ; Je suis particulièrement le Maître de la France ».

 

CONCLUSION DU LIVRE I : VERS L’AVENIR

 

LA LOI SALIQUE ET LE CHOIX DIVIN

Salica

 

Joseph de Maistre relevant cette expression de l’Écriture : « C’est moi qui fais les Rois » ajoute :

« Ceci n’est point une métaphore, mais une loi du monde politique. Dieu fait les rois au pied de la lettre. Il prépare les races royales ; Il les mûrit au milieu d’un nuage qui cache leur origine. Elles paraissent ainsi couronnées de gloire et d’honneur ».

 

C’est Dieu en effet qui établit la Royauté. Il la fit reposer sur deux principes qui se complètent réciproquement : la primogéniture mâle et l’hérédité. Il voulut, en outre, choisir la Race Royale par excellence ! celle de David, parce qu’elle devait donner naissance à Son Divin Fils. Mais, si le principe de l’hérédité mâle était intangible (94), il n’en était pas de même de celui de la primogéniture. Dans des cas exceptionnels, Dieu se réservait, en effet, d’y déroger en faveur du Prince le plus digne de régner.

Ainsi, parmi les enfants d’Isaïe, il choisit non l’Aînée mais le plus jeune, le huitième, David :

« Je l’établirai le premier né d’entre ses frères et Je l’élèverai au-dessus des rois de la terre ». (95)

 

Ce n’est pas non plus l’aîné de David que Dieu choisit pour succéder à son père mais le dixième, Salomon, choix divin reconnu et admis par l’aîné, Adonias :

« Vous savez que la couronne m’appartenait et que tout Israël m’avait choisi par préférence pour être son roi mais le royaume a été transféré et il est passé à mon frère, parce que c’est le Seigneur qui le lui a donné ». (96)

C’est ce que David lui-même tint à affirmer à plusieurs reprises (97).

En France, il en est absolument de même. Dans son Testament, incontestablement inspiré et que saint Pie X recommandait aux français comme un trésor, saint Remy proclame que Dieu a « choisi délibérément » la Race de Mérovée « pour régner jusqu’à la fin des temps » sur notre Pays. Le grand thaumaturge affirme formellement l’unité de race de nos Rois, il ajoute pour mieux confirmer notre foi et illuminer nos intelligences :

« Qu’en tout et toujours il garde la perpétuité de sa force et l’inviolabilité de sa durée ! »

 

Il s’en suit donc que Mérovingiens, Carolingiens et Capétiens sont trois branches d’une seule et même race. Cette unité de race de tous nos Rois était considérée comme une tradition au Moyen-Âge et jusqu’avant la Révolution : dans la salle du Trône de l’ancien Palais Royal à Paris (incendiée en 1618 et sur l’emplacement de laquelle a été construite la salle des Pas Perdus de l’actuel Palais de Justice) sous la statue de Pépin le Bref, l’inscription suivante était gravée dans la pierre en caractères gothiques :

« Pépin, Fils de Charles le Martel, de la lignée de Clotaire second, fut élu Roy ».

 

Plusieurs auteurs parlent de cette tradition que Piganiol de la Force défendit dans sa Description de la France, publiée avec autorisation et privilège de Louis XIV, en date du 20 Juin 1714 :

« Le Royaume de France a commencé l’an de l’ère vulgaire 420 et depuis ce temps-là, a toujours été successif de mâle en mâle et gouverné par 65 Rois, tous issus de la même maison, quoique de trois races différentes, ainsi que je le prouverai dans un autre ouvrage… » (98)

Sans aller jusque-là, les Bénédictins ont cependant nettement démontré sinon l’unité des trois races, du moins celle des Carolingiens et des Capétiens, dont l’auteur commun est Pépin d’Héristal, Père de Charles Martel, qui a donné le jour aux premiers, et de Childebrand d’où sont issus les seconds.

Il n’est pas sans intérêt d’ajouter qu’indépendamment de leur ascendance salique avec les Mérovingiens, les Carolingiens et les Capétiens descendent également par voie féminine de Clovis et de Clotaire II par Blitilde, fille de ce dernier et mère de saint Arnoul, aïeul de Pépin d’Héristal ; et que les Capétiens descendent de Charlemagne par Adélaïde, fille de Louis le Débonnaire, qui épousa Robert le Fort.

Quant au choix divin sur les membres les plus dignes de la famille Royale, il s’est exercé également en France. Piganiol de la Force continue :

« La Loi Salique, qui est la Loi Fondamentale de cette Monarchie, en exclut les filles et elle a toujours été inviolablement observée à leur égard. Elle l’a été aussi quant aux mâles, mais il y eut de la différence dans la manière. Sous les deux premières races, les Français élisaient pour leur Roi le Prince le plus digne de leur commander, pourvu qu’il fut issu par mâle du sang royal ; c’est à cette liberté de choix que Pépin et Hugues Capet furent redevables de leur élection, quoiqu’ils ne fussent pas les plus proches héritiers de leurs prédécesseurs. Dans la troisième race au contraire, les Princes issus du sang royal par mâles ont toujours été appelés à la Royauté par l’ordre et la prérogative de leur naissance, le plus proche a toujours exclu celui qui l’était moins ». (99)

 

Ainsi la Providence a voulu choisir les trois branches de la Race Royale au moment où dans Sa prescience des événements Elle savait que chacune d’elles serait la plus digne de régner et assigna à chacune une mission particulière, les Mérovingiens devant catéchiser les peuples, les Carolingiens les baptiser et les Capétiens les sanctifier.

À l’origine le choix se portait donc sur le plus digne, le plus courageux, parmi les Princes de la Race Royale et non pas forcément sur l’aîné, à l’image de ce qui s’était passé dans l’Ancien Testament. On comprend cependant que sous la troisième branche on ait été amené à fixer d’une manière rigoureuse l’ordre de succession au Trône, afin d’assurer plus de tranquillité, de stabilité, de continuité au Royaume et pour éviter les compétitions.

« De quoi demain sera-t-il fait » ? C’est le secret de Dieu. Ce que l’on peut dire, sans être taxé de légèreté, c’est qu’en présence de la perturbation générale et des catastrophes imminentes il semble bien que le monde touche à la fin des temps et soit à la veille de la restauration miraculeuse de la Royauté annoncée par près de deux cents prophéties (100), que le Roi qui montera sur le Trône sera vraisemblablement le Grand Monarque qui doit être le plus grand de tous les Rois et le dernier de Sa Race. Dans ce cas il ne serait plus nécessaire que la Providence portât son choix forcément sur l’Aîné, mais sur le plus saint et le plus digne.

Les décisions du Concile de Paris viennent confirmer le choix divin :

« Que nul d’entre les Rois ne se figure que son royaume lui vient de ses ancêtres : mais qu’il croie humblement et sincèrement qu’il le tient de Dieu, de ce Dieu qui a dit par son prophète Jérémie aux enfants d’Israël :

« Vous direz à vos maîtres : c’est Moi qui, par Ma puissance et par Mon bras étendu ai fait la terre, l’homme et les animaux qui sont sur la surface de la terre, et Je la donne à qui il Me plaît (Jérémie XXVII, 5).

« Ceux qui croient que la royauté leur vient de leurs ancêtres plutôt que de Dieu sont de ceux que le Seigneur réprimande par la bouche de Son prophète en disant : Ils ont régné, mais pas par Moi ; ils ont été princes, mais Je ne les ai pas connus ».

« Or, être ignoré de Dieu, c’est être réprouvé. C’est pourquoi quiconque commande temporellement aux hommes doit croire que l’empire lui est confié par Dieu et non par les hommes ».

 

Les uns règnent par la grâce de Dieu, les autres par Sa permission. Ceux qui règnent avec piété, justice et miséricorde règnent, sans aucun doute, par la grâce de Dieu. Les

« autres ne règnent pas par Sa grâce, mais seulement par Sa permission. Et c’est d’eux que le Seigneur a dit par le prophète Osée : Je te donnerai un Roi dans Ma fureur. C’est d’eux dont parle Job lorsqu’il dit : C’est Dieu qui fait régner l’hypocrite à cause des péchés du peuple ». (101)

Notre Seigneur ne disait-il pas également à Marie Lataste, Religieuse du Sacré-Cœur, le 29 novembre 1843, au sujet de la France :

« Je lui ai suscité des Rois, elle en a choisi d’autres à son gré… Ne voit-elle pas que Je me sers de sa volonté pour la punir, pour lui faire lever les yeux vers moi ? » (102)

 

Une autre âme privilégiée écrit :

« Malgré ce que je dis de préparer les voies de Dieu, Notre Seigneur veut me cacher jusqu’au dernier moment celui qu’Il trouvera digne d’être le Sauveur de la France. Et Notre Seigneur demande le concours des hommes par une foi docile et humble dans Ses avertissements.

« Que l’homme fasse ce qu’il doit faire, et Dieu fera le reste ».

 

Et elle explique :

« On voit que la mauvaise volonté des hommes change les desseins que Dieu avait sur eux ». (103)

Qui donc régnera ? De très nombreuses prophéties parlent du roi caché connu de Dieu seul (104). C’est donc le secret de Dieu qui veut Se réserver de choisir le plus digne d’entre les Princes de la Maison de France.

Le devoir est donc d’attendre l’heure de Dieu avec confiance et pour l’avancer de vivre dans la prière et le sacrifice en faisant rayonner autour de nous la vérité tout entière, dans tous les domaines, vérité qui sera l’assise indestructible du Trône de demain.

Ainsi c’est Dieu qui a choisi sous l’Ancien Testament la Race de David et sous le Nouveau celle de Clovis. Nous en trouvons une nouvelle preuve dans les constatations de Blanc de Saint-Bonnet :

« Quand Celui qui sonde les cœurs et les reins choisit une famille parmi toutes les autres, Son choix est réel et divin. Celle-ci le prouve bientôt (quoique la liberté lui reste pour recueillir ou dissiper ses dons) en fournissant plus de législateurs, de guerriers, et de saints que les familles les plus nobles, bien qu’en ce point celles-ci l’emportent déjà sur les autres dans une proportion prodigieuse » (105).

« L’œuvre qu’elle accomplît, ajoute Mgr Delassus, marque la main qui l’a choisie la soutient et la guide » (106).

 

Cette œuvre c’est la France :

« Parti du néant, écrit Taine, le Roi de France a fait un État compact qui (au moment où éclate la Révolution) renferme 26 millions d’habitants et qui est alors le plus puissant de l’Europe. Dans tout l’intervalle, il a été le chef de la défense publique, le libérateur du pays contre les étrangers.

« Au dedans, dès le XIIè siècle, le casque en tête et toujours par les chemins, il est grand justicier, il démolit les tours des brigands féodaux, il réprime les excès des forts, il protège les opprimés, il abolit les guerres privées, il établit l’ordre et la paix : œuvre immense qui de Louis le Gros à saint Louis, de Philippe le Bel à Charles VII et Louis XI, de Henri IV à Louis XIII et Louis XIV se continue sans s’interrompre.

« Cependant toutes les choses utiles exécutées par son ordre ou développées sous son patronage, routes, canaux, asiles, universités, académies, établissements de piété, de refuge, d’éducation, de sciences, d’industrie et de commerce portent sa marque et le proclament bienfaiteur public » (107).

 

C’est aussi l’ordre et la paix assurée dans le monde et les conditions favorables au développement et au rayonnement de l’Église dont la Royauté Française a toujours été le bouclier et l’épée ; c’est l’apostolat des Rois, Princes ou Princesses de la Maison de France qui convertit l’Angleterre, la Saxe (108) etc… Leur vaillance qui brise l’invasion musulmane et entraîne le monde chrétien aux Croisades ; enfin ce sont les premières missions auxquelles ils assurent leur protection, leur appui et leurs subsides et qui amèneront peu à peu la conversion du Nouveau Monde.

Le rayonnement de la Maison de France dans le monde est unique : elle compte treize couronnes terrestres dont sept de Rois et deux d’Empereur.

« Au point de vue surnaturel sa primauté s’accentue : de toutes les maisons souveraines catholiques, elle s’honore d’être celle qui a le nombre le plus considérable de saints avérés : sans compter les canonisations en cours et celles dont les procès ne sont pas encore ouverts » (109).

 

Ainsi, c’est Dieu le Père qui a choisi la Tribu de Juda et la Maison de David, pour régner sur Israël, parce qu’elle devait donner le jour à Dieu le Fils, et c’est le Christ qui a choisi la Maison de Clovis pour régner sur la France. C’est, de par la volonté divine, la même loi qui régissait la succession au Trône dans la Royauté d’Israël et dans la Royauté Française. Ce ne sont pas les seuls rapprochements que l’on peut faire entre le Peuple de Dieu sous l’Ancien Testament et la « Tribu de Juda de l’ère nouvelle ». Il en est d’autres qui méritent de retenir l’attention et d’être médités, notamment les promesses et les serments solennels faits par Dieu à David et à Clovis par lesquels Il s’engage formellement à maintenir leur Race sur le Trône jusqu’à la fin des temps.

« Vous direz donc maintenant ceci à Mon serviteur David, ordonne Dieu au prophète Nathan : Voici ce que dit le Seigneur des Armées : Je vous ai choisi lorsque vous meniez paître les troupeaux, afin que vous fussiez le chef de Mon peuple d’Israël. Partout où vous avez été, Je ne vous ai point abandonné… De plus le Seigneur vous promet qu’Il fera votre Maison puissante. Et lorsque vos jours seront accomplis et que vous serez endormi avec vos pères, Je mettrai sur votre trône, après vous, votre fils et Je rendrai le trône de son royaume inébranlable à jamais. S’il commet quelques fautes, Je le punirai, mais Je ne retirerai point Ma miséricorde, comme Je l’ai retirée à Saül que J’ai écarté de devant Ma face. votre maison sera stable ; vous verrez votre royaume subsister éternellement et votre trône s’affermira pour jamais ». (110)

 

Or, Dieu voulut de nombreuses fois confirmer ce serment :

« Le Seigneur a fait à David un serment très véritable et Il ne le trompera point. J’établirai, lui a-t-Il dit, sur votre Trône le fruit de votre ventre ». (111)

« Vous avez voulu assurer votre serviteur de l’établissement de sa Maison, même pour les siècles a venir. » (112)

 

Le Psaume LXXXVIII est lumineux sur ce point :

« Je conserverai à David éternellement Ma miséricorde et Je ferai subsister sa race dans tous les siècles et son trône autant que les cieux. Si ses enfants abandonnent Ma loi et s’ils ne marchent pas dans Mes préceptes, s’ils violent la Justice de Mes ordonnances et s’ils ne gardent pas Mes commandements, Je visiterai avec la verge leurs iniquités et Je punirai leurs péchés par des plaies différentes ; mais Je ne retirerai point de dessus lui Ma miséricorde et Je ne manquerai point à la vérité des promesses que Je lui ai faites. Je ne violerai point Mon alliance et Je ne rendrai point inutiles les paroles qui sont sorties de Mes lèvres : J’ai fait à David un serment irrévocable par Mon saint Nom et Je ne lui mentirai point : Je lui ai promis que sa race demeurera éternellement et que son trône sera éternel en Ma présence comme le soleil… »

 

Ainsi Dieu a fait à David le serment irrévocable que ses descendants régneraient jusqu’à la fin des temps et les termes de ces serments sont tels qu’ils ne s’appliquent pas seulement au sens mystique en la personne du Christ qui régnera sur le monde éternellement, mais à la race elle-même. Que sont-ils devenus, quel trône occupent-ils donc les fils de ces Rois qui régnaient sur le Peuple Élu de l’Ancien Testament ? Saint Remy va éclairer le mystère :

« Par égard seulement pour cette race royale (de Clovis) qu’avec tous mes frères et co-évêques de la Germanie, de la Gaule et de la Neustrie, j’ai choisie délibérément pour régner jusqu’à la fin des temps au sommet de la majesté royale pour l’honneur de la Sainte Église et la défense des humbles… j’ai arrêté ce qui suit… (113) »

suivent les malédictions en cas d’infidélités et les bénédictions s’ils persévèrent dans les voies du Seigneur.

 

Et il achève :

« Que de cette race sortent des Rois et des Empereurs qui confirmés dans la vérité et la justice pour le présent et pour l’avenir suivant la volonté du Seigneur, pour l’extension de la Sainte Église, puissent régner et augmenter tous les jours leur puissance et mériter ainsi de s’asseoir sur le trône de David dans la céleste Jérusalem où ils régneront éternellement avec le Seigneur (114) ».

C’est la répétition du serment fait par Dieu à David.

Pourquoi tant de miracles à l’origine de notre Royauté ? Pourquoi ces privilèges uniques accordés aux seuls Rois de France, celui de n’être sacrés qu’avec une huile sainte apportée spécialement du ciel par le Saint-Esprit lui-même et cet autre de guérir miraculeusement les écrouelles ? Pourquoi ce sacre spécial institué par l’Église pour les seuls Rois de France ? Pourquoi cette Loi Salique dont la raison profonde, essentielle, fondamentale est que nos Rois soient toujours de la même race ? Pourquoi tant de miracles au cours de notre Histoire, tant d’apparitions du Sacré-Cœur, de Sa Divine Mère, et de Saint Michel ? Pourquoi la mission de notre Jeanne d’Arc dont le but essentiel était de maintenir et de sauver le sang royal ? Pourquoi la Royauté Française est-elle la seule qui ait été fondée par le miracle, qui se maintienne par le miracle et se perpétue par le miracle ? Pourquoi ce privilège unique ?

Parce que la Race de nos Rois n’est autre que celle de David (115) afin que cette Race divine en un de ses Membres puisse régner jusqu’à la fin des temps et que ce soient toujours des Princes de la Race du Christ qui soient les principaux auxiliaires de l’établissement du règne du Sacré-Cœur sur le monde grâce à leur Royauté sur le Peuple élu du Nouveau Testament.

De par Dieu Jeanne d’Arc n’écrivait-elle pas au Roi d’Angleterre :

« Faites raison au Roi du Ciel de Son sang royal ! (116) »

 

 

Nous pouvons donc essayer maintenant de donner une définition de la Royauté Française :

La Royauté en France est de choix divin. Dieu l’a instituée pour défendre l’Église et assurer le règne universel du Sacré-Cœur et du Cœur Immaculé de Marie. Il la conserve par la Loi Salique, grâce à laquelle le Souverain sort toujours de la même Race (celle du Christ) élue par le Seigneur au temps de David et confirmée par saint Remy et sainte Jeanne d’Arc. Il la gouverne en Se réservant de choisir comme Roi dans cette Race le prince le plus saint et le plus digne de régner, la loi de primogéniture mâle s’appliquant normalement hors le cas d’élection divine. Le Souverain est donc Roi directement par la grâce de Dieu et non par l’autorité du Siège-Apostolique.

À Dieu revient l’élection, à la nation le consentement, au Sacerdoce le Sacre de l’Élu.

Nous sommes tentés d’ajouter que les trois branches de nos Rois, issues de la même Race, sont comme une image de la Trinité Une.

C’est la seule explication satisfaisante (mais combien fulgurante) de la mission divine de la France et de notre Royauté, et de la prédilection du Christ, de la Vierge et de saint Michel sur nos Rois et notre Pays. Il n’en est pas de plus belle, de plus pure et de plus glorieuse…

« Ô Dieu tout puissant et éternel, qui avez établi l’empire des Francs pour être par le monde l’instrument de Votre très divine volonté, le glaive et le bouclier de Votre sainte Église : nous Vous prions, prévenez toujours et en tout lieu de la céleste lumière les fils suppliants des Francs, afin qu’ils voient toujours efficacement ce qu’il faut faire pour Votre règne en ce monde, et que, pour faire ainsi qu’ils auront vu, ils soient jusqu’à la fin fortifiés de charité et de courage ».

« Prions encore pour les rois très chrétiens, afin que notre Dieu et Seigneur fasse que leur soient soumises toutes les nations barbares, pour notre paix perpétuelle (117) ».

 

Le texte de la première prière a été modernisé. Nous le donnons dans sa forme actuelle, car il est plus facile à réciter :

 

Prière des Francs

Dieu Tout-puissant et Éternel, qui pour servir d’instrument à Votre divine volonté dans le monde, et pour le triomphe et la défense de Votre Sainte Église, avez établi l’empire des Francs, éclairez toujours et partout leurs fils de Vos divines lumières, afin qu’ils voient ce qu’ils doivent faire pour établir Votre règne dans le monde et que, persévérant dans la charité et dans la force, ils réalisent ce qu’ils auront vu devoir faire. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, Roi de France.

 

 

 

 

 

 

 


[1] Considérations sur la France, ch. II, p. 8 et p. 27.

[2] Voir : de la Franquerie : Mémoire pour le renouvellement de la Consécration de la France à Saint Michel, préfacé par S. Exc.. Monseigneur de la VillerabeI, Évêque d’Annecy.

[3] Voir les recherches de saint Ignace de Loyola par les Bollandistes.

[4] À l’endroit même où a été édifié le Sacré-Cœur.

[5] Voir Santo : Les crimes allemands et La chaîne infernale et ses 33 anneaux.

[6] P. Champion : Galerie des Rois, p. 22.

[7] La tradition bourguignonne place l’apparition de la Croix dans la région de Paray-le-Monial (cf. le musée du Hiéron à Paray-le-Monial), d’autres disent que ce fut lorsqu’il traversait les Alpes.

[8] Bossuet : Politique tirée de l’Ecriture Sainte, L.v. VII, art. 6, 14è prop.

[9] Cæsar Baronius, Annales ecclesiastici, 1593-1607, t. IV, p. 420. Bibli. Nat. H. 106.

[10] « Deproratis penitus rebus Divina Providentia factum est ut ejus tantum modo gentis regnum ad posteros feliciter propagaretur, penes quam cultus pietatis foret excellentius effulsurus, cujus in Childerico ut dictum est flores apparuerunt, in Clodoveo autem collecti sunt fructus ».

[11] L’Arianisme.

[12] Migne : Patrologiae cursus completus, patres latini, t. LXXII, p. 706, Bibl. Nat. A, de 112 à 329.

[13] Labbe, Tome XI, p. 366 et 367. Lettre rappelée par saint Pie X le 13 décembre 1908 lors de la béatification de Jeanne d’Arc (actes de Pie X, t. V, p. 204 et 205).

[14] « À sa mort en 512, sainte Geneviève avait été inhumée, par ordre de la Reine (sainte Clotilde), avec les membres de la famille royale. Tous nos souverains eurent en grande vénération la mémoire de la Patronne de Paris ; beaucoup se plurent à enrichir son tombeau. En 1757, Louis XV fit construire, par Soufflot, sur un plan grandiose, une basilique nouvelle qui devait remplacer la vieille église mérovingienne. On sait que la Révolution Française (cette entreprise satanique, disait Pie IX) fit brûler publiquement, puis jeter à la Seine, en novembre 1793 les reliques de sainte Geneviève. La chasse fut envoyée à la Monnaie et un décret de la Convention transforma la basilique en Panthéon pour la sépulture des grands hommes. Marat fut l’un des premiers hôtes de l’église profanée. Le gouvernement tutélaire de la Restauration rendit la basilique au culte de sainte Geneviève… En 1885, la 3è République a de nouveau désaffecté la basilique et en a fait un Panthéon dans lequel, à côté de Voltaire et de Rousseau, elle a placé Zola le pornographe, le cœur du métèque Gambetta, complice de Bismarck, et les cendres de Jaurès le mauvais Français ». Commandant Dublaix : A. F., Chronique religieuse, 26 août 1925).

[15] C’est-à-dire La Maison de Remy.

[16] De Maricourt et de la Morlière : La vraie Histoire de France.

[17] Traduction de l’abbé Lemann d’après les Leges Salicæ illustratæ de Godefroy Wandelin (Anvers 1649).

[18] Abbé Vial : Jeanne d’Arc et la Monarchie, chapitre II, p. 26 et 27.

[19] Abbé Vial, op. cit. p. 62, sans oublier les apparitions de la rue du Bac et de Pellevoisin.

[20] Bulletin du Diocèse de Reims, 28 déc. 1907, p. 621.

[21] Migne : Patr. lat. T. CXXV, p. 1159 et 1160.

Hincmar : Vita Sancti Remigii, Cap. 36 et sv. Bibl. Nat. A, 112 à 329.

[22] Migne. Patr. lat. CXXXV, p. 51 et sv.

Flodoard : Historia Ecclesiæ Remensis. Lib. 1, cap. 13. Bibl. Nat. A. 112 à 329.

[23] Voir : Bloc Catholique, mars-avril 1923, n° 187, p. 51 : Les Francs, peuple élu de Dieu, par le Marquis de la Vauzelle.

[24] Hincmar : Vita Sancti Remigii, cap. XXXVIII, (Migne, t. 125, p. 1160).

[25] La sainte ampoule fut brisée en 1793 par le révolutionnaire Ruhl, mais : « Un ecclésiastique et un magistrat de cette ville qui, dans ces temps affreux craignirent de compromettre un grand nombre de gens de bien, s’ils enlevaient ce précieux vase, avaient eu le soin d’en retirer une partie du baume qu’il contenait. Partagé entre cet ecclésiastique et ce magistrat, ce baume a été gardé religieusement. En 1819, les parcelles en ont été réunies dans le tombeau de saint Remy sous la garde du Curé de Saint-Remy de Reims, et des preuves authentiques, constatées dans un procès-verbal lequel a été déposé au greffe du Tribunal de Reims, ne laissent aucun doute sur la fidèle conservation de ce précieux monument du sacre de Clovis ». Clausel de Coussergues : Du Sacre des Rois de France, mai 1825, p. 127.

La fiole scellée du Saint Chrême - 1906

La fiole scellée qui conserve le Saint Chrême miraculeux du Sacre des Rois de France – 1906

Complément (hors livre) :

« Voici la Restauration et une grande séance de dépositions.
Le 11 juin 1819 voit la séance de la remise des différentes parcelles de baume. Une nouvelle fiole est réalisée pour recevoir ces restes, mélangés avec solennité au baume consacré. Un orfèvre du roi a conçu le nouveau reliquaire.
Lors du sacre de Charles X, le 29 mai 1825, l’Archevêque de Reims peut reprendre à son compte la phrase d’Hincmar « Et nous aussi nous en avons encore ».

Les rebondissements vont se poursuivre, bien au-delà de cet ultime sacre enraciné, depuis Hincmar dans un prodige qui seul fait le vrai roi. Jeanne D’Arc le savait bien qui exhortait déjà Charles VII à se faire sacrer à Reims. Une série de gestes chrétiens va désormais présider aux destinées de la Sainte Ampoule.

Entre autres recherches capitales, l’Abbé [conciliaire invalide] Jean Goy découvre en effet en 1979 divers documents dont un procès verbal de 1906 qu’il traduit du latin. En pleine séparation de l’Église et de l’État, Monseigneur Luçon a pris soin, par peur de la perte ou de la profanation, de transférer le Chrême dans une ampoule de verre, scellée de cire rouge. L’Abbé Goy qui a trouvé vide la fiole du sacre de Charles X retrouve la fiole contenant le baume extrait en 1906… »

« La Sainte Ampoule du Sacre des Rois de France. Histoires et Légendes »,
abbé Jean Goy († juillet 2007 à Reims)

[26] Cérémonial du Sacre des Rois de France : Prière à saint Remy.

[27] Sur l’authenticité de tous ces faits, voir l’étude que nous avons publiée dans le Bloc Anti-Révolutionnaire n° de janvier-février 1933 sous le titre : Dom Mabillon, défenseur des privilèges miraculeux des Rois de France.

Clausel de Coussergues : op. cit.

Abbé de Vertot : Dissertation sur la Sainte Ampoule. (Histoire de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, II, p. 619, 1736).

Annales Benedict : toutes les études de Dom Mabillon sur ces questions.

Chanoine Desailly : L’authenticité du grand testament de saint Remy, Dumoulin à Paris.

[28] Acta Sanctorurn, 12 octobris, Sanctus Remigius.

[29] Cité par Zeller : Les Francs Mérovingiens : Clovis et ses fils, p. 34

[30] Anast. II, ép. Il ad Clod. t. VI, Conc. Col. 1282, cité par Bossuet : Politique tirée de l’Ecriture Sainte, t. I, livre VII, p. 529, ed. Delestre Boulage 1822, et par Zeller : op. cit. p. 38.

[31] Nicolle Gilles : Histoire de France (1492).

[32] Cité par Monseigneur Delassus : L’Esprit familial, p. 225, note 1.

[33] Voir l’acte d’enregistrement des lettres de fondation du Couvent et de la chapelle des Célestins de Limay (Seine-et-Oise) par le Roi Charles V, en l’honneur de la Sainte Trinité. L’original de la charte de fondation existe aux Archives Départementales de Seine-et-Oise et ce document a été publié intégralement par Antoine Becquet dans : l’Histoire des Célestins de France.

[34] Voir : Comte de Place : Problèmes héraldiques.

Père Pie de Langogne : Vie de la Vénérable Philomène de Sainte Colombe.

[35] Migne, t. 125, p. 1168. Hincmar : Vita Sancti Remigii cap. LIV. Baronius, Annales Ecclesiastici t. VI, p. 635.

[36] Actes de saint Pie X, t. V, pp. 204 et 205.

[37] Migne, t. 135, p. 60 à 68. Flodoard, Historia Remensis Ecclesiæ, lib. I. ch. XVIII (Testamentum ab ipso editum).

[38] Ainsi, à l’origine même de notre histoire, nous trouvons indiquée, comme frontière naturelle de notre pays, la rive gauche du Rhin.

[39] Comme les Rois de France ont été fidèles ! Le nombre des couronnes que leur race a portées est là pour le prouver ; la Race Royale de France a régné en effet en France, en Lorraine, en Allemagne, en Hongrie, en Pologne, en Savoie, en Italie, à Constantinople, en Espagne, à Parme, à Naples, en Sicile, au Portugal, en Autriche, au Brésil, etc…

[40] L’authenticité indiscutable de ce document capital pour notre Histoire a été prouvée par l’Abbé Dessailly, de l’Académie de Reims, dans un ouvrage fondamental et décisif sur la question : L’authenticité du grand Testament de saint Remy, publié au siècle dernier, chez Dumoulin, à Paris. Nous y renvoyons nos lecteurs.

[41] César Baronius : Annales t. VI, Bibl. Nation. H. 106, p. 635 et 636.

[42] Dans ce chapitre nous nous sommes inspiré de la remarquable étude Dieu, la Royauté et le salut de la France, malheureusement épuisée. (En PDF ICI)

[43] Dieu, la Royauté et le salut de la France, p. 54.

[44] David est la préfiguration parfaite du grand Roi que Dieu va révéler et qui va monter sur le Trône de France. Roi qui, pour les même raisons, restera caché jusqu’au dernier moment.

[45] Dieu, la Royauté et le salut de la France, pp. 67 et 68.

[46] Dieu, la Royauté et le salut de la France, pp, 74 et 75.

[47] Toutes les prières et consécrations reproduites dans ce chapitre sont spéciales aux Rois de France, à l’exception de celles précédées d’un astérisque.

On pourra comparer les textes du Pontificale Romanum Clémentis VIII ac Urbani VIII jussu editum et a Benedicto XIV recognitum et castigatum… avec ceux de Alletz : Cérémonial du Sacre, 1775, Clausel de Coussergues : Du sacre des Rois de France, 1825.

[48] Madame de Witt-Guizot Les chroniqueurs de France, t. III : Jeanne d’Arc et la guerre de cent ans, p. 714.

[49] Dom Besse : Eglise et Monarchie, ch. VIII, p. 240 et 255.

[50] Dom Besse, id., p. 240 et 255.

[51] Dom Besse, id., p. 235.

[52] Cet Ange est saint Michel, le grand vainqueur de Satan, auquel tous les Rois de France, à l’exception de Louis XV, se sont consacrés. L’Archange saint Michel est donc le spécial protecteur de nos Rois et de notre France.

Voir notre étude : Mémoire pour servir à une nouvelle consécration de la France à Saint Michel, honorée d’une préface de S. E. Monseigneur du Bois de la Villerabel, Évêque d’Annecy.

[53] C’est une véritable constitution.

[54] Dom Besse, op. cit, p. 261.

[55] Un peu plus loin une autre oraison dit : « Qu’Il vous fasse triompher de vos ennemis invisibles ».

Une autre encore : « Qu’Il éloigne de vous tous ceux qui voudraient vous nuire ».

Ainsi, par la répétition réitérée de ces formules, Dieu semble vouloir mettre nos Rois en garde à l’avance contre les agissements des sociétés secrètes et notamment de la judéo-maçonnerie.

La chose est d’autant plus certaine que Notre Seigneur Lui-même au cours de ses apparitions à Marguerite-Marie réemploie à dessein la même formule : « Ce Divin Cœur se veut rendre protecteur et défenseur de sa sacrée personne (celle du Roi) contre tous ses ennemis visibles et invisibles ». 5è lettre, du 28 août 1689.

[56] « Gentem Francorum inclytam, simul cum Rege nobili, beatus Remigius sumpto cœlitus Christmate, sacra sanctificavit gurgite atque Spiritus Sancti, plene ditavit munere. Qui dono singularis gratiæ, in columba apparuit et divinum Christma cœlitus pontifici ministravit ».

[57] Dom Besse, op. cit., p. 266 à 270.

[58] « Nous trouvons, écrit saint Thomas d’Aquin, une preuve de cette sainteté dans les gestes des Francs et du Bienheureux Remy. Nous la trouvons dans la Sainte Ampoule apportée d’en haut par une colombe pour servir au sacre de Clovis et de ses successeurs, et dans les signes, prodiges, et diverses cures opérées par eux ». (De Regimine Principum, II 16.)

[59] Mgr Delassus : Le Problème de l’heure présente, t. II, p. 604.

[60] Mgr Delassus, op. cit, pp. 602 et 604.

[61] Sous les deux espèces. Clausel de Coussergues, p. 646.

[62] Dom Besse : dito, p. 269.

[63] De Regimine Principum.

[64] Frantz Funck-Brentano : L’ancienne France : le Roi, p. 177.

[65] Mgr Delassus, op. cit., pp. 215 et suivantes.

(Nota : Le mal de Saint Marcoul, était aux temps anciens une sorte de tuberculose aux caractéristiques plutôt impressionnantes.)

[66] Relation Chigi : comparer également avec les témoignages de Saint-Simon, du Marquis de Sourches, d’Argenson, etc…

[67] Mgr Delassus, op. cit., p. 66, et l’Esprit familial, p. 215 et suivantes.

[68] Revue de Philosophie, novembre-décembre 1925, p. 621.

[69] Mgr Delassus, op. cit., p. 606, De Canon. Sanct, livre IV, ch. III.

[70] Père Louis de Grenade : Introduction sur ce symbole pars Il, chap. XXIX, VIII.

[71] Saint François de Sales op. cit. p. 102 et 103, 1ère Partie ch. III. Article VII, Grande édition d’Annecy (1892).

[72] Saint François de Sales, op. cit., pp, 100 à 108.

[73] « Il n’est aucune société qui puisse faire ce que celle-ci fait, ni des choses aussi éclatantes, ni d’une manière aussi constante, si Dieu n était avec Elle ».

[74] « Vraiment le Seigneur est dans ce lieu ».

[75] « Si vous êtes les fils d’Abraham, faites les œuvres d’Abraham ».

[76] Saint François de Sales, op. cit. Les règles de la foi. ch. VII, art. 1. pp. 319 et 320.

[77] « Tu es Dieu, Toi qui fais ces merveilles ! »

[78] Paul Gruyer : Quand les Rois de France lavaient les pieds des pauvres.

[79] Le chiffre de 13 Pauvres a été adopté depuis saint Grégoire le Grand parce qu’un jour, ayant invité 12 pauvres, il s’en trouva un treizième qui, la cérémonie finie, disparut mystérieusement comme il était venu, et l’on pensa que c’était Notre Seigneur Lui-même.

[80] Abbé Delassus : Louis XVI et sa béatification, p. 17.

[81] Mgr Delassus : L’esprit familial, dans la famille, dans la cité, dans l’Etat, p. 31.

[82] F. Funck-Brentano : L’Ancienne France, le Roi.

[83] Mgr Delassus, id note 1, p. 20.

[84] Renan : Réponse au discours de réception à l’Académie Française de Jules Claretie.

[85] Mgr Delassus, id., note 1, p. 26.

[86] E. Babelon : Le Rhin dans l’Histoire.

[87] Voir : Louis Batiffol : Richelieu et l’Alsace (Revue Historique, nov., déc. 1921).

[88] Mgr Delassus, id., d’après Luchaire.

[89] Frantz Funck-Brentano, op. cit., p. 397.

[90] Ed. Pilon : Les otages de Louis XVI. (A. F. du 17 janvier 1935).

[91] Voir G. Fagniez : Étude sur l’industrie et la Classe Industrielle à Paris aux XIIIè et XIVè siècles. H. Blanc : Les Corporations de Métiers, p. 83 et suiv.

[92] La Ligue Apostolique des Nations et la Société pour le Règne Social de N.-S. J.-C. ont été fondées dans ce but.

Le R. P. Théotime de Saint-Just a écrit un livre magistral sur le sujet : La Royauté Sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ, d’après le Cardinal Pie.

[93] Abbé Pascal Darbens : Vie de Marie Lataste, t. III, p. 395.

[94] Rois II, ch. VII. La loi des enfants d’Adam, dont il est question au verset 19, n’est autre que la future loi salique, quant à l’hérédité. C’est ce qui ressort nettement de tout ce chapitre.

[95] Ps. 88 – Rois, livre I, xvi, 1 – 13.

[96] Rois, Livre III, ii, 15.

[97] Paralipomènes I, xviii, 4 – 10 ; xix, 1 et 23 à 25.

[98] Piganiol de la Force : Description de la France, Tome 1 p. 7.

[99] Piganiol de la Force : Description de la France, Tome 1 p. 7.

[100] Voir : Elie Daniel : Serait-ce vraiment la fin des temps ?

[101] Conc. Paris. Lib. II, cap. 5 ap. Coletti IX, 753.

[102] Abbé Darbins : Vie de Marie Lataste, Tome III, p. 398.

[103] Écrits de Marie Josèphe p. 63.

[104] C’est ce qui ressort presque à chaque page d’un manuscrit inédit qui nous a été confié ; celui du Docteur Imbert-Gourbeyre sur les révélations de Marie-Julie concernant le grand Monarque. Le principe du choix divin s’en dégage aussi, non moins lumineusement.

[105] Blanc de Saint Bonnet : La LégitimitéLa monarchie Française.

Et Mgr Delassus note sur ce sujet : « Pour ce qui est de la sainteté il suffit pour s’en convaincre de parcourir n’importe quelle vie des Saints. En s’en tenant au Bréviaire on s’aperçoit (l’observation est de M. Blanc de Saint Bonnet) que les familles nobles réunies en ont produit plus de trente sept sur cent et les seules familles royales six, c’est-à-dire plus du vingtième. Même au dix-huitième siècle où la noblesse était si déchue, les Filles de nos Rois étaient des saintes et leurs petit fils des héros. En admettant une famille noble sur cent et une famille royale ou princière sur deux cent mille, on aurait cette proportion : le même nombre de familles a produit dans la noblesse cinquante fois plus de saints que dans le peuple et dans les maisons royales quatre cents fois plus que dans la noblesse ou vingt mille fois plus que dans le peuple. Que sont, devant ces faits les déclarations de la démocratie même chrétienne sur les vertus du peuple et les vices des grands ! Des sots se font un argument contre l’institution monarchique des désordres de Louis XV. Ils ne songent point aux séductions dont il n’a cessé d’être entouré et devant lesquelles ils auraient fait eux sans doute meilleure figure. Ils ne songent pas non plus aux saints dont il était le fils et le père. Ils ne songent point à l’incroyable puissance de vertu qu’il a fallu à une famille plongée depuis huit siècles dans le bain dissolvant des plus grandes prospérités pour ne point retomber, dans l’égoïsme et produire encore au bout de ce temps la sainteté ». (L’Esprit familial, note de la p. 22)

[106] Mgr Delassus : L’Esprit familial, p. 22.

[107] Taine : Les origines de la France Contemporaine ; L’Ancien Régime, pp. 14 et 15.

[108] Berthe, princesse franque convertit son mari, le Roi Ethelbert en 597. Charlemagne convertit les Saxons et Hedwige d’Anjou, princesse capétienne qui épousa Jagellon, Grand Duc de Lithuanie, convertit son peuple ; etc…

[109] L. de Beauriez : Robert le Fort et les origines de la race capétienne, p. 106 et 107. Cet auteur ne mentionne que les saints et les couronnes de la branche capétienne ; il y a lieu d’ajouter à ces chiffres les saints et les couronnes des branches mérovingiennes et carolingiennes.

[110] Rois, ii, 7, 8 et suivants.

[111] Paralipom. I, xvii, 7 à 15 ; 26, 27.

[112] Paralipom. I, xvii, 17..

[113] Psaume cxxxi, 11.

[114] Voir le texte complet au chapitre six : Le Testament de saint Remy.

[115] Cette filiation est évidemment impossible à démontrer historiquement encore que l’on sache que tous les peuples à l’origine viennent de l’Orient et que la plupart des historiens et chroniqueurs vivants aux premiers siècles de l’ère chrétienne nous aient transmis des traditions affirmant l’origine troyenne des Francs, ainsi qu’en font foi les récits d’Aethius, de saint Jérôme, d’Hunibadd, de Frédégaire, de saint Grégoire de Tours, d’Aimon, de Roricon, de Draire ainsi que les grandes Chroniques de Saint Denis et les Annales de Quedlinburg, sans oublier non plus certaines chartes royales de Dagobert et de Charles le Chauve. Sans doute, on peut trouver dans ces récits ou documents des anachronismes certains et des détails peuvent n’y pas être rigoureusement exacts mais la science historique est impuissante à démontrer que le fonds est faux. Quel curieux rapprochement à faire entre les mots de Galilée et de Gaulonie, séparées par le Jourdain, et la Gaule et les Gaulois que les Grecs appellent Galates ! N’est-ce pas de là que sont partis les Gaulois ?… Pourquoi ce nom de Gaule implanté sur la terre Celte, comme plus tard le nom de France implanté sur la terre de Gaule ? D’où venaient eux-mêmes les Francs qui avaient donné leur nom à la Franconie, à Francfort sur le Mein ? Si on cherchait bien sur les anciennes cartes de Palestine, on trouverait bien aussi une Franconie, comme on y trouve une Gaulonie. Les tribus se sont succédé, poussées les unes les autres jusqu’au moment où la Providence a voulu que les tribus d’Israël se répandissent avec leurs chefs à travers l’Europe et que les descendants de la Maison de Juda vinssent en Gaule qui, dans les décrets éternels, devait être, le nouveau peuple choisi, Israël ayant rejeté l’Arche d’Alliance ». (Comte de Place : Problèmes Héraldiques, p. 11)

La science héraldique confirme cette filiation. C’est ce qui ressort de l’ouvrage ci-dessus cité du Comte de Place. C’est aussi ce qu’affirme une âme privilégiée.

Parlant de la mission de Jeanne d’Arc, Mgr Delassus écrit : « En dehors de la race de David, jamais dynastie n’a reçu une pareille consécration ». La Mission posthume de sainte Jeanne d’Arc et le Règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ, p. 247.

[116] Ayroles : La vraie Jeanne d’Arc, t. III, p. 74, 220, 621, etc. Chronique de Tournay, etc.

[117] Ces deux prières ont été publiées par le Cardinal Pitra dans sa Vie de saint Léger, Introduction, p. xxii. La première est tirée d’un missel du ixè siècle et remonterait an viiè siècle. La seconde tirée des vieux Missels gallicans, passa dans la liturgie romaine où elle est à jamais conservée. Cf. Missal. Rom. feria in Parasceve